Félicité Safouesse : c’était une des voix historiques de la Radio Télévision Congolaise

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Félicité Safouesse, première speakerine africaine de Radio A.E.F. (Afrique Equatoriale Française).

I – L’animatrice de radio, et de la télévision, première  speakerine africaine de Radio A.E.F. (Afrique Equatoriale Française), Félicité Safouesse était devenue cinq décennies après une des grandes dames de l’âge d’or de la télévision publique «pédagogique». 

Institutrice de formation, Félicité Safouesse débute à la Radio AEF, (créée en novembre 1945) précisément le 8 février 1952 à Brazzaville, après avoir passé avec succès un concours d’intégration à la fonction publique coloniale.  

L’équipe de Radio AEF quelques années après, est à l’image de son responsable, le français Jacques Alexandre a qui incombe, la partie administrative, la rédaction des textes d’information  et le contrôle général des programmes de la station. Il est aidé dans sa tâche par deux congolais : Jean Malonga et Joseph Locko, fonctionnaires détachés à Radio AEF. On compte également les producteurs, animateurs et journalistes : Edouard Songho, Marc Kayi, Joachim Bitouloulou, Ludovic Lascony, Bienvenu Beniamino, Henri Pangui, Xavier Moundjelet, Clément Massengo, Mme Diamesso et bien sûr Mlle Félicité Safouesse qui anime de façon agréable le “concert des auditeurs”.

Les buts de Radio AEF à cette époque (1957) étaient limités à: accentuer son aspect “aéfien” (multiplication des reportages dans les territoires) – Africaniser au maximum ses programmes et  Augmenter la puissance de ses émissions (par l’acquisition d’émetteurs plus puissants).

Plus tard et par transfert Félicité Safouesse se retrouve à Radio Inter Equatoriale avant d’atterrir à la nouvelle Radio Congo (1960) et Télé-Congo à partir du 28 novembre 1962. Elle a marqué l’histoire de ses deux structures avec plusieurs émissions culturelles devenues des références: “Dites le par le disque “, “Le concert des auditeurs”, et tant d’autres. Puis, Félicité s’est intégrée à des programmes de rêve d’émissions d’information ou de magazines d’actualité, et s’y spécialise de plus en plus dans le journalisme culturel, menant des entrevues de fond avec des artistes du Congo et d’ailleurs.

Félicité Safouesse a surtout su régulièrement capter un maximum d’auditeurs et de téléspectateurs, notamment par sa sympathie et toujours de bonne humeur, elle parlait calmement et bien et répondait du tac au tac ! Une spontanéité qui lui a valu l’admiration absolue.

Elle fait suite à une série d’activités sociales  qui débute par la création de la revue “La congolaise dans la société (1990) qui se donne pour objectif d’informer les congolais sur les luttes des femmes dans le monde. Puis elle préside l’Association “Etoile de mer” dédiée à la femme. Elle publie auparavant, un ouvrage de référence intitulé : “Pensée pour votre album” (1985)…

Née le 28 septembre 1933 à Albertville-Congo-Belge (aujourd’hui Kalemie-RDC) des parents originaires de Brazzaville,   Jeanne Félicité Safou-Safouesse une des voix les plus emblématiques de la radio et de la télévision s’est éteinte le 1er août 1996, à Brazzaville à  l’âge de 63 ans.  Une méga vedette nationale dont les émissions ont touché le cœur de plusieurs générations. En constante réinvention, sa carrière demeurera florissante pendant plusieurs années. Elle est comptée parmi les femmes journalistes congolaises qui ont fait bouger les lignes et ont marqué leur profession à travers le temps et l’espace.

Deux actes d’hommage rendu à Félicité Safou Safouesse, journaliste et leader associatif.

1) Un Buste pour Félicité Safouesse

Dans le cadre des projets de monuments historiques prévus par le gouvernement, dont les premiers ont déjà été inaugurés, le ministre de la culture et des arts, Jean-Claude Gakosso, avait dévoilé le vendredi 10 août 2012, au cours d’une cérémonie 28 bustes en honneur de certaines personnalités qui ont écrit en lettres d’or l’histoire du Congo et de l’Afrique, dans leurs différents domaines. A ce nombre figure le buste de Félicité Safouesse, dans le domaine médiatique.

2) Une édition des oscars de la presse

La 4ème édition des oscars de la presse congolaise pour désigner les meilleurs journalistes de l’année 2007 (le samedi 5 janvier 2008) a été dédiée a Félicité Safou Safouesse. La manifestation a eu lieu au Palais du Parlement à Brazzaville, sous le patronage du ministre de la communication, chargé des relations avec le parlement,  de l’époque : Alain Akouala.

II -La célèbre équation mémorable : “Paraiso”+ Safouesse  = “Parafifi”.

Félicité Safouesse, c’est aussi,  “Parafifi” de la célèbre chanson éponyme de Joseph Kabasele, hommage à deux jeunes amoureux,  Paraiso et Fifi Félicité.

“Parafifi” la chanson congolaise préférée de tous les temps, jouie, depuis plusieurs décennies, d’une faveur particulière en Afrique et dans le monde, nul ne peut le contester. En fait, la préférence dont bénéficie cette œuvre auprès de plusieurs générations n’est qu’une phase de la grande amitié entre Félicité Safouesse – Paraiso et Joseph Kabaselle scellée par la définition de l’équation mémorable : Paraiso + Safouesse = Parafifi.

Para” : diminutif de Paraiso (ami béninois du Grand Kalé et l’amant de “Fifi”) – “Fifi” désigne ici (Félicité Safouesse). “Para-Fifi“, c’est donc le couple Paraiso-Félicité, une chanson dédiée au couple célèbre de l’époque par Joseph Kabaselle  et  l’African Jazz en 1953 – (Disque Opika des Frères Moussa Benattar).

Notons enfin, que Félicité Safouesse a fait partie de la grande association féminine culturelle mutualiste et de loisirs “La Violette-Brazza”, qui a apporté un soutien aux diverses activités du sanctuaire congolais de la rumba ; le bar-dancing “Chez Faignond”.

Clément Ossinondé

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