Kemi Seba à Lionel Zinsou: Pourquoi la France ne se désengage pas du Franc Cfa, si cette monnaie ne sert pas un minimum ses intérêts!

Débat entre l'activiste anti-franc cfa et l'ancien premier ministre béninois Lionel Zinsou

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Kemi Seba et Lionel Zinsou

Si le Franc CFA n’était pas une monnaie à laquelle les autorités françaises tenaient, on ne l’entendrait pas plus de 60 ans après les Indépendances. C’est en substance ce qu’a déclaré Kemi Seba lors d’un débat avec Lionel Zinsou, défenseur du Franc CFA et conseiller du Président français Emmanuel Macron.

«Pourquoi la France ne se désengage pas du Franc Cfa, si cette monnaie ne sert pas un minimum ses intérêts », s’est interrogé le leader du front anti CFA et président de l’ONG Urgences Panafricanistes.

S’adressant à une assistance composée essentiellement de jeunes, l’activiste qui jure n’avoir aucune ambition politique a estimé que « nous devons être capables de nous faire entendre par rapport au mépris de certaines institutions qui nous disent vos questions de souveraineté monétaire ne sont que des questions émotives ».

Ancien Premier ministre béninois et actuel président de Terra Nova, Lionel Zinsou a de son côté affirmé que les pays de la zone cfa ont le pouvoir monétaire et que le Franc CFA, en plus d’être une monnaie commune, est un facteur d’intégration considérable.

« Il est notre mécanisme le plus puissant d’intégration. On peut le rebaptiser, on peut le détacher de ses origines historiques, mais faire très attention à conserver le caractère de monnaie commune qui permet de faciliter les échanges dans notre ensemble », a-t-il lancé.

De son point de vue, « le Franc CFA ne pose aucun problème de souveraineté. Et pour cause, « les chefs d’Etat décident des taux d’intérêt, de l’utilisation pour le financement de l’économie du village de la masse monétaire, de la politique vis-à-vis des banques et du financement de l’économie, des taux d’intérêt ainsi que de la nomination des dirigeants », a  soutenu Lionel Zinsou.

A l’entendre, si les chefs d’Etats de la zone exercent 100% de leur souveraineté monétaire, il se trouve qu’il reste des éléments de folklore qui n’ont aucune importance économique mais qui sont en train de prendre une importance politique. Une allusion à « la gestion microscopique, parce que ça concerne les sommes très faibles d’une partie des réserves de change dans un compte à la Banque de France ».

Selon lui, ce compte d’opération avec le Trésor français ne servirait à rien. « En 70 ans de régime de Franc cfa, il a servi de fournir des devises à la zone franc qui était en crise de liquidité pendant 14 mois ». Ainsi, a-t-il soutenu, ce compte d’opération serait inactif et que « la gestion d’une fraction des réserves à la Banque de France, c’est quelque chose à quoi on peut mettre fin du jour au lendemain, il ne se passera rien »

Il a toutefois reconnu qu’en revanche, « ça blesse beaucoup l’idée qu’on ne saurait pas capables de gérer nos réserves de change. C’est une réforme d’une simplicité biblique qui ne pose aucun problème à la banque centrale européenne ou à la France »

Des arguments qui n’ont visiblement pas convaincu l’activiste Kemi Seba qui, en guise de de réponse, s’est interrogé en ces termes : « avez-vous déjà vu un gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale ou de l’Ouest avoir un droit de veto à l’intérieur de la Banque de France ? Est-ce que le directeur de la Banque du Tchad a le droit de pouvoir mettre son droit de veto à la Banque de France?» La réponse du public: « Non! »

« Quand il n’y aura plus de représentants de ces banques là dans nos régions, on pourra déjà parler un petit peu plus de souveraineté ». Aussi, si le compte d’opérations est anecdotique « ça n’aurait pas pendant 70 ans été un compte qui existe jusqu’à preuve du contraire, a-t-il conclu.

Extrait du débat, ci-dessous:

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