Extension des zones forestières en Méditerranée

L'Afrique du Nord abrite 4% des forêts méditerranéennes

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Les zones forestières ont connu une extension en  Méditerranée, mais sont de plus en plus menacées. C’est ce qu’indique un nouveau rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et du Centre d’activités régionales du Plan d’action pour la Méditerranée (Plan Bleu).

« Entre 2010 et 2015, les zones forestières ont évolué de 2% en  Méditerranée, soit 1,8 million d’hectares supplémentaires, ce qui représente à peu près la superficie de la Slovénie », souligne le document rendu public récemment.

Selon ce rapport, intitulé «La situation des forêts en Méditerranée», l’extension  de la zone forestière a été légèrement plus importante dans le Nord de la Méditerranée que dans le Sud, en particulier dans les régions à petites zones forestières.

« L’Afrique du Nord abrite 4% des forêts méditerranéennes, mais les forêts représentent seulement un quart de ces zones protégées », précise le document.

Mais en dépit de ces extensions, le rapport fait aussi état de la dégradation continue des forêts dans la région méditerranéenne, soulignant qu’à l’échelle nationale, les plus grandes pertes de zone forestière ont surtout été signalées dans les pays européens (entre 1990 et 2015, les plus grandes pertes de zone forestière ont été signalées au Portugal, en Bosnie-Herzégovine et en Albanie).

Des menaces que les auteurs du rapport attribuent notamment au changement climatique, aux feux de forêt et aux pénuries d’eau.

En effet, d’après le rapport, qui dénombre 80 millions d’hectares de terres dégradées – dont des forêts – dans la région méditerranéenne, le changement climatique constitue l’une des menaces les plus importantes pour toutes les forêts de la Méditerranée.

A ce propos, la FAO prévient dans un communiqué que « la hausse des températures, les pluies irrégulières et les périodes de sécheresse prolongée devraient fortement altérer le couvert et la répartition des forêts et des arbres au cours des années à venir ».

Comme l’explique l’agence onusienne, lorsque les arbres tentent de résister aux sécheresses, ils se vident de leur stock de carbone et produisent moins de glucides et de résines qui sont essentiels à leur santé.

Cette situation a ainsi eu pour effet de voir dépérir les chênes, pins, épicéas et hêtres en Espagne, en France, en Italie et en Grèce ainsi que les cèdres de l’Atlas en Algérie, fait-elle observer.

En ce qui concerne les feux de forêt et l’abandon des terres, l’organisation  note qu’ils sont les principaux responsables de la dégradation des forêts dans le Nord de la Méditerranée.

Selon le rapport, le surpâturage, la pression démographique et la surexploitation du bois de chauffage auraient des répercussions sur les forêts situées dans le Sud-Est.

S’il est avéré que leur nombre a diminué ces dernières années dans le Nord et le Nord-Est de cette région, les données récoltées indiquent que les feux de forêt demeurent une menace importante, souligne le rapport rappelant l’augmentation du nombre de grands feux affectant plus de 500 hectares.

Quant aux  pénuries d’eau et l’érosion des sols, elles « sont particulièrement néfastes pour les forêts de la Méditerranée, car les sols s’affinent et s’appauvrissent davantage au fil du temps par rapport à d’autres régions », affirme le rapport.

S’il est vrai que les forêts de la Méditerranée ont depuis longtemps appris à s’adapter aux pressions induites par le développement humain, comme le souligné Hiroto Mitsugi, sous-directeur général de la FAO en charge du Département des forêts, l’inquiétude vient du fait que « ces pressions n’ont jamais été aussi extrêmes que maintenant».

Ce dernier prévient : «A moins d’en faire plus pour lutter contre la dégradation des forêts, plus de 500 millions de personnes à travers 31 pays et trois continents seront bientôt confrontées à des problèmes économiques, sociaux et environnementaux».

Pour rappel, les zones forestières des pays méditerranéens représentent près de 88 millions d’hectares. Ce qui correspond à la superficie de la France et de l’Italie réunies ou encore l’équivalent de 2% de la zone forestière mondiale.

Alain Bouithy

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