Entretien avec Tijani Haddad, président de la FIJET-Monde et ancien ministre tunisien du Tourisme

Mon souhait est de voir le congrès de la FIJET profiter à la destination Maroc

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Tijani Haddad, président de la FIJET-Monde et ancien ministre tunisien du Tourisme.

Président de la FIJET-Monde et ancien ministre tunisien du Tourisme, Tijani Haddad, nous éclaire sur les raisons pour lesquelles le Maroc a été choisi pour abriter le congrès mondial de cette fédération internationale à Marrakech.

Pagesafrik: La FIJET organisera son prochain congrès mondial à Marrakech. Qu’est ce qui a motivé le choix de cette destination, selon vous ? 
Tijani Haddad : Les pays arabes ont une longue tradition d’accueil. Ils sont profondément très accueillants et leurs populations très chaleureuses. Les Européens s’en sont notamment rendu compte lors des congrès que nous avons organisés en Tunisie, en Egypte et au Maroc. C’est un atout extraordinaire.
En ce qui concerne le Royaume, j’ajouterai qu’il est sans conteste une destination touristique de renommée mondiale. En plus de cet atout indéniable, il faut ajouter le contenu du programme très alléchant qui a été présenté. Je peux dire que tous ces atouts ont contribué à ce que le Maroc abrite ce congrès.
En tant que président de la FIJET-Monde, qu’attendez-vous de ce congrès ?
D’abord, je souhaite qu’il attire le maximum de journalistes des quatre coins du monde. Ensuite, que le résultat soit  concrètement le meilleur possible, en articles, reportages, films-vidéos et audio. Enfin, qu’il soit profitable à la destination marocaine.

La FIJET est  forte de plusieurs membres issus de différents pays. D’où tire-t-elle sa force ?
La FIJET constitue actuellement un network très performant et très sollicité dans le monde de la communication professionnelle. Ce qu’il faut savoir, c’est que ce n’est pas uniquement le congrès qui intéresse, ou la destination touristique. Il y a aussi et surtout le carnet d’adresses qu’il représente.

Tous ceux qui viendront à Marrakech savent que la présence d’un si grand nombre de journalistes spécialisés regroupés en un seul lieu est un carnet d’adresses extraordinaire que l’on peut utiliser, par ailleurs, pour d’autres événements de promotion. D’ailleurs, le pays organisateur devait faire cet effort de profiter de cette forte présence.

Les pays arabes ont été pendant longtemps absents des instances internationales du tourisme. Quelle en était la raison, selon vous? 
Nous n’avions pas de courage d’affronter ces organisations et nous ne cherchions pas à être indispensables dans les activités de ce genre, alors que nous avions le droit d’y participer.

Aujourd’hui, nous avons pu montrer que nous sommes là pour faire quelque chose. Cela dit,  on n’est pas encore suffisamment présents au sein des organisations relevant du domaine du tourisme. Par exemple, il y a des pays qui ne sont pas encore membres de la FIJET malgré les efforts consentis pour les amener à y adhérer.

Je pense qu’ils ne sont pas intéressés par la promotion de leur tourisme et que certains pays comme l’Arabie Saoudite, Koweït et Qatar, n’ont pas besoin de  ressources de ce secteur pour renflouer leurs caisses. Mais ils ont tort, parce qu’il n’y a pas que le tourisme dans cette relation publique qu’ils peuvent acquérir à travers les différentes organisations.

Quel regard portez-vous sur le tourisme au Maghreb d’aujourd’hui ? 
L’industrie touristique est très aléatoire ; elle peut être affectée par n’importe quel événement. Nous l’avons vu notamment au Maroc, en Tunisie ou encore en Egypte. Ces pays ont connu des moments difficiles parce qu’il faut dire que le touriste veut aller dans les pays où il y a une sécurité absolue et qu’il n’y ait rien  qui puisse déranger ses vacances.
Mais de l’autre côté de la Méditerranée, les touristes européens savent qu’ils ne peuvent plus se permettre de passer des vacances chez eux. Outre qu’ils connaissent déjà  les produits touristiques domestiques, les prix élevés de ceux-ci font qu’ils ne peuvent plus profiter comme il se doit de leurs vacances dans leurs propres pays.
Donc, ils sont obligés de voir ailleurs. Où ? Dans les pays où il fait bon vivre,  qui jouissent d’un magnifique climat et où les populations sont très accueillantes. Bref, qui ont un bon produit touristique. C’est pour cette raison que je suis, un tant soi peu, optimiste quant à l’avenir du tourisme dans notre région.

En tant qu’ancien ministre du Tourisme, comment décriez-vous ce secteur en Tunisie ? 
La particularité du tourisme en Tunisie est d’être un tourisme balnéaire. Mais nous avons fait énormément d’efforts pour le diversifier. C’est-à-dire que  nous avons introduit le tourisme saharien, golfique, de santé avec les spa et la thalassothérapie.
Donc, nous avons réussi à intégrer pas mal de segments et de niches touristiques qui font que le produit touristique tunisien est devenu très diversifié et attirant.

Propos recueillis par Alain Bouithy

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