Entrepreneuriat : Jean Jérémie Mboungou-Kiongo : «Si l’on soigne les cœurs, les mentalités suivront et les changements naîtront.”

0
824
Jean Jérémie Mboungou-Kiongo

«A travers cette conférence, nous visions une prise de conscience. Il faut briser les chaînes mentales, faire revivre cet espoir brisé, car L’Afrique n’a plus confiance en elle, en son potentiel. Mais je reste convaincu que : ” si l’on soigne les cœurs, les mentalités suivront et les changements naîtront», a déclaré le directeur général de KMG Communication. PagesAfrik.info l’a rencontré.

PagesAfrik.info : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?  

Jean Jérémie Mboungou-Kiongo : Je suis Jean Jérémie MBK (MBoungou-Kiongo). Je suis un jeune entrepreneur congolais, j’ai 21 ans. Je suis de ce fait le Directeur général de KMG Communication, une entreprise de management spécialisée dans le savoir-faire et le savoir-être pour améliorer les performances des organisations, telles que les écoles, les universités, les entreprises et les particuliers.

Manager de formation, je suis diplômé de l’Ecole Supérieure de Gestion en Administration des Entreprises (ESGAE) où je me suis spécialisé dans la gestion et la création d’entreprises. J’ai également suivi des formations annexes en management et leadership, mais également en marketing.

PagesAfrik.info : Peut-on avoir une idée de votre activité du 19 mai 2018 et de son contenu ?

J. Mboungou-Kiongo : Cette conférence KMG Communication est la première édition d’une longue série de conférences à l’image des conférences TEDx aux USA.

Cette conférence avait pour objectif de faire prendre conscience aux gens de leur potentiel inhibé par notre environnement africain où les mentalités sont encore dans un brouillard sombre et épais, avec le tribalisme, la jalousie, l’intolérance face à la réussite des autres, la méconnaissance du potentiel humain.

PagesAfrik.info : Sur quelle science vous appuyez-vous ?

J. Mboungou-Kiongo :Pour faire prendre conscience aux gens du potentiel non exploité qui sommeille en chacun de nous, je me base sur le volet scientifique, en lien direct avec notre cerveau, la psychologie, les neurosciences.

Ce même cerveau qui a permis des prouesses incroyables ; ce prouesses qui ont révolutionné le monde que nous connaissons, dans les domaines de la médecine, l’aéronautique, les transports et la communication.

PagesAfrik.info : Comment avez-vous estimé que 80% des gens ne réussissent-ils pas ?

J. Mboungou-Kiongo : Pour arriver à cette estimation et me permettre d’affirmer que 80% des gens ne réussissent pas, je le suis basé sur les travaux de l’économiste Italien Paréto, qui a été le premier à se rendre compte que 80% des causes étaient produites par 20% des effets. On peut donc transposer ce concept dans notre quotidien. 80% du chiffre d’affaires d’une entreprise sont réalisés par 20% des clients. 80% de réclamation au sein d’une entreprise sont faites par 20% des clients. Nous ne regardons que 20% de nos programmes de télévision.

Nous ne portons que 20% de nos vêtements au cours du mois. Il n’y a que 20% de notre entourage qui nous rend vraiment heureux. 80% des richesses du monde sont détenues par 20% des gens les plus riches et 80% des richesses d’un pays sont souvent détenues par 20% de la population.

PagesAfrik.info : Dans quel domaine et pourquoi ne réussissent-ils pas ?

J. Mboungou-Kiongo : Aujourd’hui il faut redéfinir les concepts. La définition de la réussite est unipersonnelle. Réussir pour certains peut renvoyer à gagner modestement sa vie, avoir une famille unie et en bonne santé, tandis que pour d’autres, réussir signifie détenir la seconde fortune du monde.

Le domaine dans lequel chaque être humain souhaite réussir importe peu. Il existe, selon les psychologues, plusieurs invariants qui freinent la réussite. Nous n’en citerons que quatre. Primo, les gens n’apprennent pas à se connaitre : Vous vous imaginez si à l’école, on avait des matières axées sur la confiance en soi, la compréhension de nos forces, de nos faiblesses, le développement de notre potentiel créatif.

Secundo, que les gens ne fragilisent pas leurs croyances. Beaucoup oublient que les personnes qu’elles sont aujourd’hui dépendent de leurs croyances et de leurs connaissances d’hier.

Tertio, que les gens aient peur et n’osent plus passer à l’action.  Souvent, passer à l’action ne donne pas les résultats voulus et on a peur de se refaire mal. Et ressentir la peur est une chose normale, et ça montre que vous êtes un être humain, mais à continuer d’avoir peur, on ne devient jamais quelqu’un.
Quarto, que les gens ne reprennent pas leurs responsabilités. Celles de se battre pour leur vie, vouloir le meilleur et pas toujours attendre que les autres agissent à leur place.

Une vue de l’assistance

PagesAfrik.info : Que visiez-vous exactement à travers cette conférence ?

J. Mboungou-Kiongo : A travers cette conférence, nous visions une prise de conscience. Il faut briser les chaînes mentales, faire revivre cet espoir brisé, car L’Afrique n’a plus confiance en elle, en son potentiel. Mais je reste convaincu que : ” si l’on soigne les cœurs, les mentalités suivront et les changements naîtront.”

Il existe encore, il sied de le souligner, une jeunesse Africaine, consciente de son rang sur l’échelle du monde, prête à relever le continent, afin que l’Afrique redore son blason.

Mais le changement ne pourra se faire que de manière individuelle dans un premier temps. Que chacun prenne ses responsabilités face à son existence, ait la détermination d’améliorer sa vie, ensuite celles des autres en créant des activités. Et plus il y aura des activités, petites ou grandes, plus il y aura d’entreprises sur le continent, ce qui créera de l’emploi et diminuera le taux de chômage en Afrique.
Attendre que les institutions agissent pour le plus grand nombre n’est pas toujours la solution.
Je dis souvent qu’il ne faut pas qu’il y ait qu’un seul Dangoté sur le continent, ni 500, ni 5000, mais des millions d’entrepreneurs à succès qui changeront l’Afrique.

PagesAfrik.info : Envisagez-vous d’en organiser ailleurs ?

J. Mboungou-Kiongo : Oui j’envisage effectivement l’organisation d’autres conférences qui traiteront de divers sujets à l’image des conférences TEDx aux USA.

PagesAfrik.info : Quelle est la tranche d’âge visée ?

J. Mboungou-Kiongo : Mon public je le veux mixte, hommes et femmes, allant des adolescents aux retraités.

PagesAfrik.info : Des perspectives ?

J. Mboungou-Kiongo : En perspectives, il s’agira de créer le déclic du changement, de l’évolution, dans la tête, dans le cœur, dans la vie de plus d’africains ; afin qu’ils excellent dans leur vie et motivent par l’exemple.

Propos recueillis par Florent Sogni Zaou.

LAISSER UN COMMENTAIRE