Entrée en vigueur du Protocole de l’OIT sur le travail forcé

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Le texte garantit aux victimes l’accès à la justice et à la réparation

La lutte contre le travail forcé et l’esclavage moderne vient de franchir une étape historique avec l’entrée en vigueur du Protocole sur le travail forcé de l’Organisation internationale du travail (OIT).
Adopté par la Conférence internationale du travail en 2014, le Protocole sur le travail forcé de l’OIT est entré en vigueur, vendredi 9 novembre, un an après sa deuxième ratification.
Mais à ce jour, seuls neuf pays l’ont ratifié. Il s’agit du Niger, de la Norvège, du Royaume-Uni, de la Mauritanie, du Mali, de la France, de la République tchèque, du Panama et de l’Argentine, qui accueillera en novembre 2017 la prochaine Conférence mondiale sur le travail des enfants et le travail forcé à Buenos Aires.
Comme la plupart des pays du monde, le Maroc a ratifié la convention historique sur le travail forcé de 1930. Mais il n’a toutefois pas encore ratifié l’actuel Protocole qui, précise l’OIT, « complète la convention en lui ajoutant de nouveaux éléments, notamment pour s’attaquer aux causes profondes afin que l’esclavage puisse être éradiqué une fois pour toutes ».
Le document demande aussi, par ailleurs, aux employeurs d’exercer leur vigilance pour éviter de recourir à l’esclavage moderne dans leurs pratiques commerciales ou leurs chaînes d’approvisionnement.
Quoi qu’il en soit, le Maroc devrait le faire pour des raisons évidentes. Et pour cause, on ne peut pas prétendre protéger les personnes les plus vulnérables de sa société et, en même temps, traîner des pieds pour ratifier un protocole censé changer la vie de millions d’hommes et de femmes victimes du travail forcé.
Il n’en demeure pas moins que l’entrée en vigueur dudit Protocole est une excellente nouvelle pour les millions d’hommes et de femmes victimes du travail forcé d’autant plus que tous les pays qui l’ont ratifié doivent désormais remplir leurs obligations et rendre des comptes sur les mesures prises.
En effet, comme l’indique l’OIT, les pays qui ratifient le Protocole devront garantir que tous les travailleurs de tous les secteurs sont protégés par la législation.
Ce n’est pas tout. « Ils devront renforcer l’inspection du travail et d’autres services qui protègent les travailleurs de l’exploitation. Ils devront aussi prendre des mesures supplémentaires pour éduquer et informer la population et les communautés sur des crimes comme la traite d’êtres humains », ajoute-t-elle, soulignant que le travail forcé génère 150 milliards de profits illégaux par an.
Dans une déclaration conjointe avec les dirigeantes de l’Organisation internationale des employeurs (OIE) et de la Confédération syndicale internationale (CSI), le  directeur général de l’OIT, Guy Ryder, a rappelé que le « Protocole de l’OIT sur le travail forcé impose aux pays de prendre des mesures efficaces pour prévenir et éliminer le travail forcé, et pour protéger les victimes et leur donner accès à la justice».
Pour rappel, 21 millions de personnes dans le monde sont victimes du travail forcé. Il s’agit pour la plupart « des ouvriers agricoles, des migrants, des travailleurs domestiques, des marins, des femmes et des filles obligées de se prostituer et d’autres qui sont aussi victimes de pratiques abusives, exploités et peu voire pas rémunérés ».
Dans le but de sensibiliser l’opinion à ce phénomène et de convaincre au moins 50 Etats de ratifier le Protocole d’ici à 2018, l’agence onusienne a lancé une campagne internationale dénommée « Campagne 50 for Freedom », et ce en partenariat avec la CSI et l’OIE.

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