Empêcher la progression du charançon rouge du palmier

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Adoption d’une nouvelle stratégie mondiale contre le coléoptère destructeur
Les ministres de l’agriculture et autres représentants des gouvernements ont approuvé un nouveau plan d’action visant à empêcher la progression du charançon rouge du palmier.
Réunis récemment à Rome pour définir une stratégie mondiale pour empêcher la progression du coléoptère destructeur, les spécialistes du charançon rouge du palmier ont convenu de la nouvelle stratégie lors d’une réunion de haut niveau, organisée au siège de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Elaboré par des spécialistes du charançon rouge du palmier du monde entier et par d’autres organisations, avec le soutien de la FAO, du CIHEAM et de l’Organisation pour la protection des végétaux au Proche-Orient (NEPPO), « le nouveau cadre de travail vise à apporter une assistance et des conseils techniques en vue d’améliorer les programmes nationaux de contrôle et de renforcer la plateforme interrégionale pour la coopération et la coordination », a indiqué la FAO dans un communiqué.
A en croire l’agence onusienne, le coléoptère destructeur menacerait 40 espèces de palmier à travers le monde. Le ravageur toucherait particulièrement trois espèces : le cocotier, le palmier dattier et le palmier dattier d’ornement des îles Canaries.
Pour le directeur général de la FAO, José Graziano da Silva, il est devenu une menace mondiale et « exige une stratégie mondiale afin de l’éradiquer.»
Dans un document publié sur son portail officiel, la FAO a rappelé que les facteurs contribuant la propagation du ravageur ont été détectés tardivement chez les palmiers infestés.
Pour l’organisation, les raisons de cette propagation sont connues : l’absence de contrôle et le manque de participation des producteurs de dattes et de noix de coco. A cela s’ajoute, « une évaluation incomplète des risques, des quelques ennemis naturels du ravageur, des difficultés à gérer les nombreux pièges à travers les réseaux oasiens, de mesures de quarantaine laxistes, d’une mauvaise gestion des arbres infestés et de la difficulté à contrôler le ravageur dans les zones privées et les petits jardins familiaux », a-t-il noté.
Selon la FAO, « une gestion intégrée du ravageur implique une formation des agriculteurs, des contrôles réguliers, des pièges à phéromones, un suivi des infestations, le retrait des arbres très infestés, des mesures de quarantaine strictes et le suivi des progrès réalisés dans le cadre de cette approche intégrée », peut-on lire sur son portail.
Par ailleurs, l’organisation soutient que les agriculteurs peuvent se révéler être une ligne de défense très efficace et rentable. Dans ce sens qu’« ils peuvent contrôler régulièrement les arbres pour détecter les ravageurs à un stade précoce de l’attaque, lorsqu’un arbre a encore des chances d’être sauvé, et installer des pièges ou pulvériser des produits ».
Pour s’en convaincre, l’agence se réfère à une étude menée en Arabie saoudite et dontles conclusions ont montré que le taux d’infestation, évalué à 7%, avait chuté pour atteindre les 0,15% en l’espace d’un an lorsque des contrôles hebdomadaires avaient été effectués.
A noter qu’en Mauritanie, la détection du ravageur dans un oasis a entraîné une réaction rapide du gouvernement qui, avec l’aide de la FAO, a mis en œuvre une stratégie intégrée de gestion du ravageur, avec comme pierre angulaire les agriculteurs et les coopératives d’agriculteurs. Résultat : « le ravageur a réussi à être contenu et ne s’est pas propagé au-delà de la zone d’origine d’infestation au cours de ces six derniers mois », a constaté la FAO assurant que la zone sera probablement déclarée libérée du ravageursi les actions de contrôle se poursuivent.
Enfin la FAO a fait remarquer que dans certains pays touchés, les agriculteurs ont installé sur leurs téléphones des applications de groupe afin de partager les informations et alertes.

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