DOSSIER. République centrafricaine : Evolutions et perspectives économiques, selon le FMI

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La reprise se poursuit à un rythme modeste. La croissance est estimée à 4,3 % en 2017, soutenue par une activité robuste dans les secteurs forestier, minier, BTP et commerce.

Cependant, l’insécurité a affecté la production agricole. L’inflation atteint 4,1 %, sous l’effet de la hausse des prix des denrées alimentaires.

Le déficit budgétaire a été contenu malgré la contreperformance des recettes. La mobilisation des recettes intérieures a stagné en 2017 à cause de la faiblesse des contrôles fiscaux, du faible recouvrement des arriérés d’impôts, du rendement limité du contrôle rétroactif des valeurs des importations et de la baisse des recettes fiscales forestière.

Toutefois, les résultats se sont améliorés au premier trimestre de 2018, avec une augmentation des recettes, en terme nominale, de 23 % par rapport à 2017. L’objectif indicatif fixé pour la fin de mars a été atteint, ce qui suggère que certaines réformes ont commencé à porter leurs fruits.

Du côté des dépenses, la masse salariale se situe à 5,1 % du PIB. Avec l’aide d’un bailleur de fonds bilatéral, les autorités ont mis à la retraite environ 800 soldats qui avaient atteint l’âge requis. Les autres dépenses courantes sont restées globalement inchangées par rapport à 2016. Dans l’ensemble, le déficit primaire intérieur s’est élevé à 2,2 % du PIB.

L’investissement public s’est redressé, grâce en grande partie aux dépenses en capital financées sur ressources extérieures. La dette publique est ramenée à 53 % du PIB du fait, entre autres, de l’allégement consenti par la Chine.

La situation extérieure a évolué conformément aux prévisions. Le déficit courant (8 ½ % du PIB) n’a pas varié par rapport à 2016. La hausse des exportations de bois et de diamants n’a pas compensé l’augmentation des importations de pétrole et de celles liées aux investissements publics. La balance globale a été excédentaire, ce qui a contribué à une accumulation d’actifs extérieurs nets plus importante que prévu.

La croissance du crédit à l’économie a été faible. Le crédit à l’économie a progressé de 1,4 % en 2017, malgré l’arrivée à échéance d’un emprunt spécifique dans le secteur des télécommunications. Les indicateurs de solidité financière indiquent que les banques restent robustes dans un climat des affaires difficile, alors que, parallèlement, le niveau élevé des prêts improductifs baissait légèrement.

Les perspectives à moyen terme se sont améliorées. Les services du FMI s’attendent à ce que la croissance reste dans l’ensemble inchangée en 2018 (4,3 %) et augmente de 5 % à moyen terme sous l’impulsion des secteurs de la forêt et du bâtiment, et grâce à l’accélération des projets exécutés dans le cadre du RCPCA. Le projet d’une grande centrale solaire a été confirmé et sa construction devrait débuter en 2019. Le doublement de l’approvisionnement en électricité permettrait de s’attaquer à un obstacle majeur à la croissance.

Des risques demeurent, avec la possibilité d’une escalade de la violence. Une recrudescence des tensions et des combats aurait des répercussions sur le commerce, la production agricole et les travaux publics, et impacterait la stratégie de développement des autorités. Cela aurait pour effet d’intensifier la crise humanitaire, de miner la confiance, d’augmenter l’inflation et de réduire les recettes publiques. Une nouvelle hausse des cours mondiaux du pétrole affaiblirait la situation des finances publiques et nécessiterait la prise de mesures supplémentaires pour préserver la stabilité.

D’autres risques concernent notamment la capacité limitée des autorités à appliquer la stratégie de développement et les retards dans le décaissement des aides extérieures, ce qui pourrait réduire l’investissement public et compliquer la gestion de trésorerie. Par contre, un rebond plus fort est possible si la sécurité s’améliore et si les fragilités de longue date dans le domaine de la gouvernance sont prises en main.

Extrait Rapport du FMI n°18/214 (18 juin 2018).

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