Dominique Kuntina “Willy Mbembe” : Il était le souffle de l’African Jazz

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Dominique Kuntina "Willy Mbembe".

RETROSPECTIVE. Plus qu’un instrumentiste, encore que ce trompettiste fût un athlète de son instrument, une sorte  d’énorme virtuose échappé dans l’avant-garde. ” Willy Mbembe ” fut avant tout, jusqu’à sa mort en 1972 à Kinshasa, un compositeur, un organisateur et un admirateur de Louis Armstrong  dont il s’inspirait l’œuvre avec les moyens de son temps. Son talent de trompettiste, son charisme, ses qualités de show-man et sa personnalité généreuse ont forgé au fil du temps sa  renommée internationale.

« Willy Mbembe » parvint à créer au sein de l’African Jazz de Joseph Kabasele des mondes sonores homogènes, teintés de sa propre couleur. Son importance dans l’histoire de la trompette dans la musique congolaise moderne est fondamentale. Et les trompettistes congolais qui ont suivi, lui doivent beaucoup.

Dominique Kuntina  dit « Willy Mbembe » est né à Léopoldville le 31 juillet 1931, d’une famille protestante. Il est pris en charge par les missionnaires  de la B.M.S. qui lui enseignent les mystères de l’alphabet. Mais la musique a sur lui un attrait très puissant.

Un an avant d’obtenir son CEP, il embouche déjà la trompette dans un style admirable. Plus tard, lorsqu’il travailla dans une des grosses firmes de la place, il n’aura pour compagnon, pendant ses heures de loisir, que sa trompette.

C’est ainsi que l’Odéon Kinois d’Antoine Kasongo,  lui cédera une place dans son ensemble. Sa vie est alors partagée entre le travail pendant la journée, et l’orchestre en soirée.

Mais  s’étant aperçu que son mince bagage intellectuel ne pourra pas lui être de grande utilité dans la vie, il se remet à l’étude et reprend le chemin de l’école : deux ans à l’Ecole Moyenne de Sona-Pangu et le revoilà à Léopoldville dans la maison d’édition “Olympia”. Mais  en 1950, lorsque l’Odéon Kinois dans lequel il a repris sa place de trompettiste, projette d’effectuer une tournée musicale dans le Haut-Congo. Willy n’hésite pas à abandonner son emploi et à courir l’aventure à Cocquylatville (Bandaka) et Stanleyville (Kisangani).

Revenu à Léopoldville (Kinshasa) en 1961, il se fait engager dans une autre maison d’édition outre qu’ “Olympia”, pour adhérer à la firme “Ngoma”. Mais un an plus tard, il démissionne pour suivre une autre tournée musicale dans le Kwango, le Kasaï et le Katanga, et pendant trois ans on entendra plus parler de lui.

Intégration dans l’African Jazz

De retour en 1955, il a encore la chance de trouver un emploi, mais cette fois dans une grosse société de transport maritime. Il prend son travail à cœur, mais n’abandonne pas pour autant la musique qu’il cultive en jouant le soir dans les bars de la Cité, jusqu’au jour où le chef d’orchestre de l’African Jazz Joseph Kabasele, le découvre et lui propose de faire partie de son ensemble. Depuis sa présence dans l’African Jazz en 1955, sa trompette n’a eu d’égale que la guitare de Nico Kasanda dont la réputation n’est plus à faire.

Que ce soit dans l’African Jazz, l’African Fiesta ou l’Afrisa, notre souvenir de « Willy Mbembe », demeure intact sur son œuvre. Que les jeunes trompettistes s’en inspirent.

Clément Ossinondé

1 COMMENTAIRE

  1. Quel souvenir grand frère Clément Ossinonde? La premier fois que je vois le grand Willy Mbembe, musicien trompettiste qui me berçait en complicité avec l’autre souffleur de l’orchestre, Jeff. Et cela se passe en août 1963 en allant “faire le guembo” nuitamment chez Super Jazz alors grand fanatique de l’African Fiesta depuis le temps de l’Africain jazz. En août 1963, j’avais encore 13 ans et c’est plus tard que je vais réaliser la folie de jeunesse pour l’African Fiesta, cette folie de jeunesse qui me fera connaitre, une année plus tard au lycée Savorgnan de Brazza mon grand ami Audifax Bemba Brel avec qui je partageais l’amour de la musique de Fiesta. Il doit se rappeler notre cri de guerre: “FIESTA OYE OYE! NA BANZI OYOKI!”

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