Distorsions et pertes de productivité au sein des économies nord-africaines

Appel à renforcer l’accès aux données pour mieux appréhender les distorsions économiques

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La Commission économique pour l’Afrique (CEA), une des cinq commissions régionales du Conseil économique et social de l’ONU (ECOSOC), a appelé récemment à renforcer l’accès aux données pour mieux appréhender les distorsions économiques.

L’appel est intervenu à l’issue de la réunion d’experts sur la qualité des institutions et la transformation structurelle organisée du 26 au 27 septembre dernier à Rabat sous le thème : «Qualité des institutions et transformation structurelle : distorsions et allocation des ressources en Afrique du Nord».

Lors de cette rencontre, le Bureau de la CEA en Afrique du Nord a, en effet, appelé les pays à faciliter l’accès à leurs données microéconomiques aux chercheurs en vue de permettre l’analyse des causes des distorsions et des pertes de productivité au sein de leurs économies respectives.

Les participants à ladite rencontre ont estimé que « l’accélération de la productivité des économies nord-africaines requiert une meilleure allocation des ressources intra-sectorielles pour assurer une croissance plus importante de la productivité, ainsi qu’une croissance économique durable et inclusive», rapporte la Commission.

Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, la CEA a noté que l’imperfection des marchés et le manque d’efficience des institutions causent des distorsions, entraînant une mauvaise allocation des ressources au sein des économies nord-africaines, et privant ainsi les pays de gains de productivité importants.

Il faut dire que «les débats menés durant l’atelier ont montré qu’il est important de faciliter l’accès des chercheurs aux données qui existent dans chaque pays », comme l’a souligné la directrice du Bureau de la CEA en Afrique du Nord, Lilia Hachem Naas.

Selon elle, cette démarche va « permettre le développement d’une méthodologie d’analyse des distorsions qui les touchent, pour mieux lutter contre les pertes de productivité et mettre en œuvre les solutions requises pour réorienter les politiques de développement vers les secteurs productifs selon leurs besoins».

Ainsi, pour faire face à cette situation, les experts participant à cette réunion ont souligné l’urgence et la nécessité d’aller plus loin dans l’étude pour une compréhension approfondie des distorsions que connaissent les économies nord-africaines.

Ils ont, en outre, appelé à s’intéresser à leur impact sur la productivité totale et à se pencher sur les politiques à mener pour y remédier.

Il est à souligner que les orientations et recommandations des experts partent d’un certain nombre de constats relevés dans le cadre d’une étude générale qui a été réalisée sur les distorsions observées au niveau des marchés du crédit et du travail, les incertitudes et les problèmes causés par les privilèges accordés à certaines entreprises au détriment d’autres, plus rentables et efficaces.

A noter qu’une trentaine de spécialistes de la gouvernance et des politiques publiques, des représentants d’organisations internationales, de pays et des secteurs privés nord-africains ont pris part à cette rencontre qui avait pour but d’examiner les liens entre qualité des institutions et transformation structurelle, a précisé la CEA.

A noter que le Bureau de la CEA en Afrique du Nord projette de publier un rapport sur le thème de la rencontre. Le document, qui sera disponible dans les prochains mois, reprendra les conclusions et recommandations issues de la réunion d’experts.

Pour rappel, le Bureau de la CEA en Afrique du Nord couvre sept pays de la sous-région, à savoir : Algérie, Egypte, Libye, Maroc, Mauritanie, Tunisie et Soudan. Sa mission : soutenir le développement de ces pays «en les aidant à formuler et à mettre en œuvre des politiques et programmes à même de contribuer à leur transformation économique et sociale ».

Alain Bouithy

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