Décès du chanteur Lambert Kabako, des Bantous de la capitale, un mois après la sortie de son tout premier album “Walaï”

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Lambert Kabako, une grande figure de la musique congolaise moderne est décédé samedi 23 juin 2018 au CHU de Brazzaville des suites d’une brusque maladie.

Lambert Kabako était un grand musicien et compositeur qui a donné au patrimoine culturel  des chansons qui resteront gravées dans la mémoire des congolais. Chanteur des Bantous de la capitale, il a publié il y a un mois, son premier album ” Walaï “ qui fait suite à la chanson “Osala ngai nini” parue en 1981 et qui avait battu tous les records de popularité.

Le nouvel album “Walaï” n’est pas comme les autres, puisqu’il contient des compositions écrites il y a plusieurs années et jamais publiées. Des trésors musicaux inédits qui ont marqué les 47 ans de carrière de Lambert Kabako dans l’orchestre mythique Les Bantous de la capitale. Une date importante qu’il tenait à célébrer avec la parution de son album. Car il était fier et heureux du chemin parcouru depuis l’inoubliable “Osala ngai nini”, grâce auquel il avait validé son statut de poids lourd de la chanson congolaise.

Le chanteur qui entretemps a enchaîné les collaborations gagnantes, particulièrement avec les Editions Bassoka,  s’attendait au fruit de son travail avec le positionnement de ses œuvres sur les plateformes de streaming et téléchargement. YouTube, Qobuz, spotify, Apple Music, Amazon, Itunes, Napster, E.music, Orange Music, Deezer, etc… Hélas ! le destin  en a décidé autrement.

Sans aucun doute, Lambert Kabako est l’un des grands chanteurs qu’a connu l’orchestre Bantous. Recruté en 1972, à la suite des dissidences qui ont donné naissance aux orchestres Le Peuple et Les Nzoys, Lambert Kabako a commencé  a chanté aux côtés des chanteurs comme Simon Mangouani, Antonio Mawana “Brazz”, Pambou Tchicaya et autres. Lambert Kabako on le sait, a commencé sa carrière musicale en Septembre 1969-1972 dans l’orchestre “Autopsie Mélodia” du musicien Boulhos Loupino son mentor.

Lambert Kabako était donc déjà connu dans le circuit brazzavillois de la chanson, mais il gagne en célébrité en 1974. Battant au rythme des cœurs des milliers de congolais, la musique congolaise chante aussi les idéaux de la “Révolution congolaise à travers la chanson “, titre du double album paru à la faveur du 2ème Congrès ordinaire du PCT (27 au 30 décembre 1974) qui a connu une contribution importante des Bantous grâce à trois chansons populaires, au contenu très profond (“Lokumu na PCT” de Lambert Kabako. “Programme triennal” de Nino Malapet, “Congo molili esili” de JS Essous). Certes, 1980 sera l’apothéose avec la chanson d’amour  “Osala ngai nini”.

Pour les amateurs de raretés musicales, Lambert Kabako doit être connu davantage pour son nouvel album qui est véritablement l’élément qui va rassurer ses fans quant à l’immortalité de son œuvre.

Il s’agit naturellement de son premier album de 10 chansons originales qui font référence à la véritable rumba, où se croisent lyrisme, grand orchestre, cuivres, percussions innovantes et d’excellentes parties  rythmiques à la section  guitares.

Clément Ossinondé

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