De nombreux obstacles juridiques empêchent les femmes de diriger une entreprise

L’accès des femmes au crédit demeure limité, selon un rapport de la Banque mondiale

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Les gouvernements de 65 économies ont pris des mesures afin d’améliorer la participation économique des femmes.
Malgré ces réformes, les femmes continuent à se heurter à des obstacles considérables, a constaté l’institution financière internationale dans son dernier rapport sur « Les femmes, l’entreprise et le droit ».
A noter que le nouveau rapport, qui paraît tous les deux ans et qui couvre désormais 189 économies, comporte pour la première fois un système de notation d’une échelle allant de 0 à 100.
Précisons que le système prend en compte sept indicateurs afin de mieux apprécier l’avancement des réformes : l’accès aux institutions, la jouissance de la propriété, l’obtention d’un emploi, les incitations au travail des femmes, l’accès à la justice, l’accès au crédit et la protection des femmes contre la violence.
Soulignons qu’en dépit des réformes juridiques engagées, le rapport a noté qu’aucune économie n’obtient la note maximale de 100 pour ces sept indicateurs.
Comme l’a relevé le rapport, qui paraît tous les deux ans et qui couvre désormais 189 économies, de nombreux obstacles juridiques empêchent encore les femmes de diriger une entreprise, en raison notamment d’un accès limité au crédit.
A ce propos, le rapport a noté qu’il existe une marge d’amélioration importante en matière d’accès au crédit pour les femmes et qu’à cause des obstacles très répandus, celles-ci rencontreraient encore des difficultés à accéder à certains emplois et à contrôler l’utilisation qui est faite des biens matrimoniaux.
Selon ce document, « seulement 72 économies interdisent légalement la discrimination fondée sur le sexe dans l’accès aux services financiers, et 79 obtiennent une note de 0 pour cet indicateur mesurant l’accès au crédit. Les économies à faible revenu sont particulièrement peu performantes dans ce domaine, avec un score moyen de 8 ».
S’il est avéré qu’«aucune économie ne peut atteindre son plein potentiel économique sans la participation pleine et entière des hommes et des femmes », comme l’a souligné Kristalina Georgieva, directrice générale de la Banque mondiale, force est de constater que «dans plus de la moitié des économies du monde, les femmes ne peuvent toujours pas exercer certains emplois uniquement parce qu’elles sont des femmes », a-t-elle regretté.
En effet, selon le rapport,  dans 104 économies, les femmes n’ont pas le droit de travailler la nuit ou d’occuper certains emplois dans des secteurs spécifiques. Le rapport pointe du doit en particulier les activités manufacturières, la construction,  l’énergie, l’agriculture, l’eau et les transports.
Des obstacles qui restreignent les perspectives d’emploi de plus de 2,7 milliards d’entre elles, selon les estimations de la Banque mondiale.
Par ailleurs, des recherches ont montré que « les inégalités hommes/femmes entraînent une perte de revenus de 15 %, en moyenne, dans les économies de l’OCDE, et que 40 % de ce manque à gagner est imputable aux inégalités dans l’entrepreneuriat », ont indiqué les auteurs du rapport, précisant que cette perte de revenus est estimée encore plus élevée dans les économies en développement.
Ce n’est pas tout. D’après le rapport, la discrimination juridique fondée sur le sexe réduit aussi le taux de participation féminine au marché du travail et compromet la croissance économique.
L’autre enseignement souligné dans ce rapport, c’est que les recherches ont également montré que « les inégalités entre les sexes expliquent parfois une grande partie des écarts de production par habitant, et nombre d’économies peuvent accroître leur performance en luttant contre les dispositions légales discriminatoires, notamment en matière d’emploi ».
Notons qu’un des enseignements du système de notation mis en place est que « les économies les mieux notées sont le Royaume-Uni, la Nouvelle-Zélande et l’Espagne. Pour la plupart des indicateurs, ce sont généralement les économies de l’OCDE à revenu élevé qui affichent le meilleur score moyen ».
Quoi qu’il en soit, pour Shanta Devarajan, directeur principal de la vice-présidence chargée de l’Économie du développement de la BM, ce qui compte c’est que  la publication des données recensées soit utile pour « apporter les changements nécessaires qui permettront aux femmes de faire les meilleurs choix pour elles-mêmes, pour leur famille et pour leur communauté ».
Alain Bouithy

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