Cyclisme. Le champion Rufin Bakouétana réintègre l’équipe nationale

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Le cycliste Rufin Bakouétana

Le coureur cycliste, Champion Rufin Bakouétana, abandonné sur le banc de touche lors des 11èmes jeux africains de Brazzaville a récemment répondu favorablement à l’appel de la Fédération Congolaise de Cyclisme (FCC) pour prendre part au tour cycliste, édition 2016, de la République démocratique du Congo, prévu du 4 au 14 juin 2016. La rédaction de Pagesafrik (ex-starducongo) l’a rencontré au cours d’une ses séances de préparation.

Pagesafrik/Starducongo : Est-ce vrai que vous allez prendre part à l’édition 2016 du tour cycliste de la RDC pour le compte du Congo ?
Champion Rufin Bakouétana
: Les nouvelles ! Elles vont vite. Elles vont même très vite.

Est-il vrai que vous prenez part à ce tour pour le Congo, notre pays ?

Champion Rufin Bakouétana : Effectivement, c’est vrai, je pense que la RDC organise le tour cycliste cette année et le Congo va répondre présent à l’invitation qui lui a été adressée par la Fédération Congolaise de Cyclisme de la RDC. Je crois qu’il faut commencer par évoquer certains faits. Nous sortons d’un contentieux et vous le savez. Nous y sommes peut-être encore. Nous sommes encore en attente des chèques après le matériel pour lequel nous avons dépensé beaucoup d’argent dans l’affaire qui opposait Rufin Bakouétana et Texeira à la FCC.
Il est donc arrivé que le président de la fédération se surpasse un peu, il fait preuve de beaucoup d’humilité et d’humanisme en consultant les sportifs qui lui avaient été retirés du fait de ce contentieux.

Que vous a-t-il dit pour vous convaincre de revenir vers lui ?

Champion Rufin Bakouétana : En ce qui me concerne, il m’a appelé et m’a dit que le Congo devait impérativement prendre part au tour cycliste de la RDC cette année. La RDC menace même de mettre un terme au voisinage sportif si le Congo ne participait pas à cette édition. Pour lui, il s’agit de réconcilier les fils du cyclisme en appelant tout le monde à un dépassement de soi quelle que soit la situation.

Il faut avouer que lorsque j’ai vu le numéro de téléphone du président sur l’écran du mien, je croyais qu’il allait me demander d’aller prendre mon chèque. A cette question, il m’a répondu que c’était une décision de justice et qu’il ne pouvait s’en soustraire, qu’après avoir réagi en donnant les vélos qui constituaient la partie la plus difficile, le chèque n’est qu’une affaire de moyens financiers. Cette partie financière du contentieux est une priorité dès que les caisses sont alimentées.
Je dois préciser que je n’ai pas donné mon accord automatiquement. J’ai pris quelques temps de réflexion.

Quelles sont les dispositions prises pour ne plus retomber dans le contentieux ?

Champion Rufin Bakouétana : La réalité, c’est que cette fois-ci, le Congo doit participer. Cette fois encore, on a pu consulter les coureurs, ce qui ne se faisait pas. On ne savait pas qui allait courir avec vous. Le mécanisme de sélection était flou. C’était une équipe nationale montée sur la base de certaines affinités de tous genres, de gens qui certainement avaient soutenu le président lors de son élection ou ceux qui avaient apporté quelques moyens financiers et qu’il fallait récompenser. Ce sont des comportements qui ont contribué à fausser les résultats de l’équipe nationale.

J’ai même cherché à savoir si le président est maintenant convaincu de mes efforts. Il m’a répliqué que je suis le champion et que, si «tu réussis à t’accrocher à la première étape, cela signifie que tu vas terminer le tour», a-t-il ajouté.
Ce qui m’encourage, c’est que le président ne parle plus simplement d’aller participer mais d’aller faire quelque chose. J’avoue que je ne suis pas un cycliste de participation, on ne peut pas aller à un tour pour abandonner après deux étapes.

Comment comptez-vous vous y prendre ?

Champion Rufin Bakouétana : Nous avons pour mission de ramener une place honorifique pour le pays ; c’est ce que je fais pendant mes sorties. Il nous faut mettre de côté le langage de la simple participation pour parler de la compétition. J’ai voulu ensuite la composition de cette équipe pour éviter l’hégémonie de toute une famille. En effet, il nous faut nous éloigner de ces équipes dans lesquelles on retrouve trois membres appartenant à une même famille ; ce n’est pas bien.

Nous avons vécu ce genre de chose pendant les jeux africains où un coureur avait demandé à son frère cadet de ne pas prendre le relais parce qu’il était en froid avec un autre qui se disait fort et c’est le Congo qui paie le prix. Vous ne pouvez pas vous représenter des problèmes de famille qui se règlent sur le terrain de cyclisme. Des frères sont allés aussi se battre à l’étranger. Devant tout cela, nous avons également abordé la condition qui nous enseigne que pour qu’une mission se passe bien, il faut un homme et des moyens.
A ce niveau, nous nous considérons comme en mission officielle. Que nous gagnions ou que nous perdions, on parlera du Congo en bien ou en mal mais il s’agira du Congo. L’homme est là mais les moyens posent quelques problèmes. Le président nous a dit que les caisses étaient vides et qu’il s’agit de préfinancer, de faire des sacrifices.
L’équipe congolaise à ce tour est constituée de Champion Rufin Bakouétana et Thierry Bikoumou de Brazzaville ; de deux Tchicaya et de Ngoma Gésimart ainsi qu’un quatrième, tous venus de Pointe-Noire.

Y allez-vous les poches vides ?

Champion Rufin Bakouétana : C’est ce qu’on nous demande de faire ; on va faire des sacrifices pour le pays. Ce qu’il faut souligner, c’est que lorsque je me prépare, j’ai un état de besoins, je dois m’acheter des médicaments de récupération. Prenant en compte le fait que c’est un tour, il faut y aller avec au moins 1500 km dans les jambes, le temps ne nous le permettant pas parce que nous devons quitter Brazzaville le 2 juin 2016, il nous fait donc aller avec environ 700 km dans les jambes.
Je vous apprends que pour qu’un coureur coure sur 200 km, il lui faut au moins 15 000 FCFA. Multipliez cette somme par le nombre de fois qu’il ira courir pour un entrainement. Nous allons donc faire un état de besoins pour savoir combien l’Etat met à la disposition des sportifs, à percevoir avant ou après. Je suis déjà à 300 km dans les jambes.

De combien d’athlètes dispose cette équipe nationale des coureurs du Congo à laquelle vous ne cessez de faire allusion ?

Champion Rufin Bakouétana : C’est ce que je déplore. Je déplore que l’équipe nationale des coureurs congolais ne soit pas une structure vivante. On ne peut pas réaliser qu’un pays qui a déjà du matériel, un pays à qui on a donné quelques moyens pendant les jeux africains, ne soit pas capable de se doter d’une équipe nationale et entretenir quelques huit athlètes en chantier.

Propos recueillis par Florent Sogni Zaou

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