Culture : Signature d’un protocole d’accord portant sur la construction du musée de Loango

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L’ancien palais du Mâ Loango Moe Poaty III, roi du royaume de Loango.

Le ministre congolais des Hydrocarbures et son collègue en charge de la Culture et des Arts, MM Raphaël Loemba et Jean Claude Gakosso ont procédé, le 4 novembre 2014 à Brazzaville, avec le PDG de Total E&P Congo, à la signature d’un protocole d’accord portant sur la construction du Musée Mâ Loango à Diosso, dans le département du Kouilou.

Prenant la parole à cet effet, le ministre de la Culture et des Arts a dit en substance que ce musée, une fois reconstruit, constituera un grand pôle d’attraction culturelle et touristique en Afrique centrale. Il a expliqué que cela est dû à la richesse, à la variété et à la diversité de l’irremplaçable collection d’objets d’arts de ce musée. .

«Une collection qui retrace avec force-détails l’histoire glorieuse de ce Royaume de Loango qui a, quelque part, arrimé notre pays à la grande épopée des Navigations et des Découvertes qui ont marqué le Moyen Age», a expliqué M. Gakosso. Il a indiqué que cette collection reconstituait les rites et traditions, les us et coutumes ainsi que les itinéraires anthropologiques établis sur la côte atlantique depuis des temps non prescrits, sans doute depuis la plus vielle antiquité.
M. Gakosso a également évoqué la construction dans un proche avenir de la Cité Africaine des Arts et de la Mémoire sur le site d’embarquement des esclaves à Loango.
Selon le Président Directeur Général de Total E&P, M. Pierre Jussua, ce projet est né lorsque la communauté de Diosso a demandé à son entreprise un soutien pour construire un nouveau musée afin d’offrir aux collections existantes et à celles à venir un cadre répondant aux exigences conventionnelles de conservation.
Il a souligné qu’en 2010, un inventaire a été réalisé pour répertorier tous les objets du musée qui se montent à 312 pièces et la pose de la première pierre a eu lieu en Juin 2012.Les étapes préalables
M. Jussua a dit que le ministère de la Culture et des Arts et Total E&P Congo ont préalablement entrepris des démarches ayant conduit à la signature aujourd’hui de ce protocole d’accord parmi lesquelles la cession d’un terrain à l’Etat Congolais par la communauté de Diosso.
Pour le conservateur du musée de Loango, M. Joseph Kinfoko Madoungou, ce projet date de l’intronisation de l’actuel roi, Moe Makosso 4, le 29 août 2009. Le nouveau roi avait revendiqué des conditions plus décentes de vie. Il ne s’estimait pas heureux de vivre dans une cabane qui avait l’air d’un palais. Ainsi avait-il menacé d’aller vivre de nouveau dans l’ancien palais royal transformé en musée.
Total E&P a donc mené des consultations auprès des autorités administratives et politiques. Il a informé que cela fait aujourd’hui sept ans depuis qu’on parle de ce projet. Un décret du Préfet du département du Kouilou a permis aux deux familles foncières de la localité de céder à titre gracieux les terres sur lesquelles sera érigé le futur musée.

Les bases du protocole d’accord
Ce protocole d’accord s’articulera autour de plusieurs actions, à savoir, la construction du musée ; la conservation, la préservation et la valorisation de collections ; le renforcement des capacités de gestion dudit musée ; la collecte, la recherche, l’inventaire et la documentation des biens culturels.
Ce document, a-t-il dit, a pour but d’assurer la bonne gouvernance du projet et le transfert de la gestion du musée à l’Etat. Pour lui, investir pour le patrimoine culturel congolais contribuent à participer au développement du pays et à l’épanouissement des populations.
«Pour Total E&P Congo, cette action entre dans le cadre de sa politique de responsabilité sociétale puisqu’elle répond à la volonté du Groupe de contribuer activement au développement des pays dans lesquelles nous menons nos activités» a dit M.Jussua.

Le musée de Loango est la seconde participation de Total E&P au Congo
La construction du musée Mâ Loango de Diosso est le second projet culturel dans lequel Total s’investit. Il a informé qu’il y a deux ans de cela, Total E&P Congo, en partenariat avec la Municipalité de Pointe-Noire et l’Institut Français du Congo, a participé à la construction du centre culturel Jean-Baptiste Tati Loutard.
«Aujourd’hui, il permet à plus de 1 000 adhérents, notamment des jeunes, de pratiquer la lecture et de participer à des activités culturelles et sportives», a-t-il martelé tout en émettant l’espoir que ce musée attirera autant de jeunes si ce n’est plus.
La volonté du Groupe est bien de contribuer activement au développement de nos pays hôtes et votre présence à tous témoigne de l’intérêt des projets que nous développons.
«C’est une nouvelle page de l’histoire de notre collaboration qui s’ouvre aujourd’hui et nous en sommes fiers. Fiers de respecter nos engagements vis-à vis des pays hôtes, fiers de contribuer à la valorisation et à la préservation du patrimoine culturel congolais. Aujourd’hui, d’autres projets sont en cours à Loango et ses environs et nous nous en réjouissons. Il semble que Loango soit bien parti pour devenir un lieu incontournable de la culture et de la mémoire congolaise», a-t-il conclu.

Carte postale du musée
Le conservateur de ce musée a rapporté que ce musée Mâ Loango est né de la volonté de l’ancien commissaire politique du Kouilou, M. Ngouonimba Nczari qui ne voulait pas abandonner ce lieu porteur d’une charge culturelle. Il avait de ce fait décidé de le réhabiliter en 1980. La première exposition dans ce nouveau musée a eu lieu le 10 avril 1982. Pour M. Ngouonimba Nczari, il s’agissait de réconcilier un peuple avec son histoire car un peuple sans histoire est un peuple sans identité.
On trouve dans ce musée tous les objets ayant trait à la préhistoire liée à l’archéologie (le métal forgé tu une certaine monnaie). Il y a également des objets historiques et ethnographiques dans le transport, la communication, l’alimentation, l’habillement, la chasse. Il y a aussi les archives du musée contenant tout l’héritage de la période coloniale.
Les instruments de musique traditionnelle, de culte des ancêtres y sont aussi exposés.

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