Les cours mondiaux des denrées alimentaires fléchissent à nouveau

La FAO révise ses prévisions mondiales de la production céréalière pour 2017

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Le sucre et les huiles végétales principaux responsables de la baisse de l’IPC.
En avril, les bonnes perspectives d’approvisionnement de nombreux produits de base auraient fait plonger légèrement les prix mondiaux des denrées alimentaires. C’est en tout cas ce qui ressort des derniers chiffres rendus publics récemment par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). 
Si l’on en croit les estimations de l’agence onusienne, l’Indice des prix des produits alimentaires de la FAO s’est inscrit en recul d’1,8% par rapport à mars, atteignant ainsi en moyenne 168 points en avril. En revanche, il serait resté supérieur de 10% à son niveau de l’année précédente.
La nouvelle baisse de l’Indice des prix alimentaires aurait été provoquée principalement par deux produits, en l’occurrence le sucre et les huiles végétales.
« L’Indice des prix du sucre a été le principal responsable de la baisse. Il a dégringolé de 9,1% en un mois du fait à la fois de l’abondance des approvisionnements en provenance du Brésil et de la faiblesse persistante de la demande d’importation mondiale », a expliqué l’agence.
Comme le sucre, les huiles végétales sont l’autre facteur de baisse de l’indice des denrées alimentaires. Et pour cause : elles ont connu une chute de 3,9% durant la même période en raison du repli de la demande d’huile de palme et des bonnes perspectives de récoltes et de plantations de soja en Amérique du Sud et du Nord.
A noter qu’en avril, l’Indice des prix des céréales a fléchi de 1,2% du fait du repli des prix du blé
Quand bien même les prix internationaux du riz se sont raffermis, ceux du blé auraient reculé au point d’avoir provoqué le fléchissement de 1,2% de l’Indice des prix des céréales.
Pour sa part, l’Indice des prix des produits laitiers a connu une chute de l’ordre de 3,3%. Ce recul proviendrait de l’entrée en haute saison de la production de ce produit dans l’hémisphère nord, a expliqué la FAO. Ce qui aurait alors favorisé l’approvisionnement à court terme.
La tendance était plutôt à la hausse en ce qui concerne l’Indice des prix de la viande qui enregistrerait une hausse d’1,7%.
A noter que l’analyse des dernières données a incité la FAO à revoir ses prévisions mondiales de la production céréalière pour 2017 qui indiqueraient à présent une baisse annuelle probable de 0,4% à partir de 2016. Et ce en dépit de la hausse d’environ 1% du taux d’utilisation.
Publié récemment avec le Bulletin de la FAO sur l’offre et la demande de céréales, le résultat net des nouvelles projections ferait ainsi ressortir une baisse à 25,8% du ratio stocks-utilisation des céréales en 2017/18.
Dans ce cas, ce chiffre serait historiquement élevé mais légèrement inférieur au niveau de la saison actuelle, ont indiqué les experts de l’organisation soulignant que les nouvelles prévisions mondiales de la production céréalière sont extrapolées à partir des chiffres d’avril. Car, comme l’a expliqué l’agence, « le Brésil s’attend à bénéficier de rendements de maïs plus importants que prévu, ce qui permettrait de porter la production mondiale de cette culture à 1.054 millions de tonnes ».
Dans une note publiée dans son portail officiel, la FAO a aussi indiqué que la production mondiale prévue de riz est restée stable à 506 millions de tonnes, alors que les prévisions pour le blé – 740 millions de tonnes – seraient également inchangées. Explication : « La diminution prévue du volume des ensemencements en Australie, au Canada, en Fédération de Russie et aux Etats-Unis serait compensée, selon toute probabilité, par un regain de vigueur dans l’Union européenne, en Inde et au Maroc », a-t-elle souligné.
Quoi qu’il en soit, l’abondance du maïs et des autres céréales secondaires devrait encourager en 2017/18 une utilisation plus abondante pour l’alimentation du bétail en Chine et en Amérique du Sud, a estimé l’organisation.
Toujours sur le plan de la consommation, la FAO a ajouté que «l’utilisation du riz au plan mondial devrait croître d’1,2% en raison de l’augmentation de la consommation alimentaire».
Quand bien même leur composition semble devoir changer quelque peu,  l’agence s’attend à ce que les inventaires mondiaux, toutes saisons confondues, frôlent en 2018 les niveaux qu’ils avaient atteints en début d’année.
Selon ses prévisions pour 2018, les stocks de blé devraient augmenter de 3,3% pour atteindre un nouveau sommet de 247,6 millions de tonnes. La hausse attendue des stocks serait renforcée principalement par «la Chine qui puise, d’autre part, dans ses réserves accumulées de céréales secondaires quelque 20,5 millions de tonnes », a-t-elle prévenu.
Par ailleurs, le commerce international du blé et des céréales secondaires devrait régresser en termes de volume, selon les prévisions. Alors que le commerce du riz devrait augmenter grâce à une forte demande au Proche-Orient et en Afrique au cours de cette même période.

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