Côte d’Ivoire : contexte et évolution économique récente, selon le FMI

Les perspectives de croissance restent robustes à 7½ %, à la faveur d’un climat des affaires en constante amélioration

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Contexte. Le paysage politique est devenu plus complexe et plus incertain à l’approche des élections présidentielles de 2020, les trois partis traditionnels se concurrençant ouvertement depuis la fin de la coalition au pouvoir entre le Rassemblement des républicains du président Ouattara et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire de l’ancien président Bédié.

À ce jour, ce contexte n’a pas affecté la perception positive de la Côte d’Ivoire par les investisseurs.

Perspectives économiques. Les perspectives de croissance restent robustes à 7½ %, à la faveur d’un climat des affaires en constante amélioration, du dynamisme de l’investissement et de la bonne tenue de la consommation des ménages. L’inflation devrait rester faible. Parmi les risques figurent les effets de l’incertitude du paysage politique et une croissance mondiale inférieure aux prévisions.

Programme. Les résultats du programme ont été satisfaisants : tous les critères de performance à la fin décembre 2018 et tous les critères continus ont été remplis, seul un des repères indicatifs n’ayant pas été atteint. Cinq des six repères structurels applicables à la fin 2018 ont été respectés et celui de fin 2017 portant sur la restructuration de la dette de la Société ivoirienne de raffinage (SIR) a été mis en œuvre avec délai. Les autorités ont réaffirmé leur détermination à atteindre l’objectif de déficit budgétaire de 3 % du PIB en

2019, ce qu’elles devraient réussir à faire en associant accroissement des recettes et rationalisation des dépenses, et à adopter une stratégie de financement s’appuyant sur un dosage équilibré entre devises étrangères et monnaie nationale.

Évaluation par les services du FMI. Les services souscrivent à la demande des autorités ivoiriennes de conclure la cinquième revue du programme appuyé par les accords au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) et du mécanisme élargi de crédit (MEDC), ce qui permettrait un décaissement équivalent à 96,786 millions de DTS.

1. La Côte d’Ivoire connaît une croissance saine depuis 2012, sous l’effet d’un programme de réformes visant à faire du pays une destination privilégiée des investisseurs en Afrique. Elle a enregistré une croissance moyenne de 8,7 % sur la période 2012–18, l’une des plus rapides parmi les pays préémergents. En plus du rebond initial ayant fait suite au conflit civil de 2010–11, ces résultats tiennent à une bonne stabilité macroéconomique et à l’avancement soutenu des réformes structurelles destinées à améliorer le climat des affaires (encadré 1).

Dans ce contexte d’amélioration, la création d’entreprises a augmenté de 26 % (en glissement annuel) entre 2017 et 2018, et l’investissement privé s’est porté à 13,7 % du PIB en 2018, grâce notamment à la progression de l’investissement direct étranger.

2. Cette dynamique favorable a été entretenue en 2018 par une demande intérieure robuste. Contrairement à 2017, où les exportations nettes avaient été stimulées par une récolte de cacao exceptionnelle, la croissance de 2018, estimée à 7,4 %, a été principalement tirée par la bonne tenue de la consommation et de l’investissement privé. L’activité a été particulièrement dynamique dans l’industrie agroalimentaire, la construction et le commerce de détail. Dans le même temps, la contribution de l’agriculture a décliné et le secteur minier a continué de se contracter.

L’augmentation des revenus des ménages, grâce notamment à une légère augmentation des prix du cacao bord champ en octobre 2018, a soutenu la consommation. Parallèlement, la baisse des exportations de cacao (attribuable à la baisse des volumes et des prix par rapport à 2017) a contribué à creuser le déficit des transactions courantes de 2,7 % du PIB en 2017 à 4,7 % en 2018. L’inflation est restée modérée à 0,4 %.

3. Le contexte politique est devenu plus complexe à l’approche des élections présidentielles de 2020. Au pouvoir depuis 2011, la coalition formée par le Rassemblement des républicains (RDR) du président Ouattara et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) de l’ancien président Bédié a éclaté au cours de l’été 2018.

La libération conditionnelle de l’ancien président Gbagbo par la Cour pénale internationale devrait consolider la réconciliation, mais elle pourrait également accentuer l’incertitude politique. Les trois partis traditionnels se trouvent désormais dans une situation de concurrence ouverte et de nouveaux prétendants pourraient également s’affirmer, ce qui ne fait qu’élargir le champ des scénarios possibles en vue des élections de 2020.

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