Congo. « Tokumissa Congo ». Une ode à la République. Bantou de la Capitale

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TRIBUNE. Pour les 60 ans de l’indépendance du Congo, ce 15 août 2020, avec notre conservateur de la musique congolaise, Clément Ossinonde, nous vous invitons, à réécouter « Tokumissa Congo ».

Pour en tirer la substance patriotique. « Tokumissa Congo » est une chanson fétiche. Composition sublime de Jean Serge Essous, avec l’orchestre Bantou de la Capitale. Éditée l’année de l’indépendance.

Sur la forme, « Tokumissa Congo » est un succès inégalé. Nul ne résiste à la fredonner, à l’audition.

Un Cha Cha Cha, de classe supérieure. Dans le haut style Cubain, avec une synchronisation magique des instruments joués par des artistes, d’un professionnalisme, de niveau élevé.

Au compte de ces artistes, Nedule Papa Noel, à la guitare solo, Jean Serge Essous à la clarinette, Nino Malapet et Albino soufflant dans les saxophones. Au micro Jojo, Celestin Nkouka.

« Tokumissa Congo », me détaillait, quelques années passées, Jean Serge Essous, « est une production de connaisseurs, d’esprits bantou, insaisissables. Une musique d’ensemble où l’on trouve une analogie et une mixture intime entre les couleurs nationales, les chants des oiseaux de nos campagnes et les parfums des plantes de nos forêts.

Quelle beauté.

Dans le fond, « Tokumissa Congo » est une litanie joyeuse des membres du premier Gouvernement du Président Fulbert Youlou. Tous sont cités, sans exception. De Jacques Opangault, Stephane Tchitchelle, Ibalico, Germain Bikouma, Victor Sathoud, en passant par Pierre Goura, Prosper Gandzion, Bazinga, Kibangou, Germain Samba, Alphonse Massemba Debat pour aboutir à Isaac Ibouanga.

Un Isaac Ibouanga, toujours en vie, dans sa résidence de Dolisie, dans la région du Niari. Lui, en faveur duquel, l’Association des Anciens Ministres de la République a organisé un jubilé, il y a quelque temps.

 » Tokumissa Congo » est une fleur à la République naissante. Symbole de la victoire de la liberté sur l’arbitraire coloniale et de la légitimité congolaise sur la légitimité française.

Un poème chanté à l’honneur d’une une société congolaise de l’engagement, bâtie autour de la cohésion nationale et pour un fort attachement au sentiment d’unité autour des valeurs communes qui font la grandeur d’un pays.

Un appel à l’unité nationale pour préserver la paix civile, auparavant fracturée, face aux menaces de déchirures.

Puisse, en ce 15 août 2020, les autorités nationales pénétrer le sens profond de  » Tokumissa Congo « .

D’autant que, 60 ans après l’indépendance du pays, aucune des valeurs de la République que nous enseigne Jean Serge Essou, dans « Tokumissa Congo » et les Bantou de la Capitale, n’a réellement pignon sur rue et se defend comme étant activement appliquée.

Paris 11 août 2020

Ouabari Mariotti (Membre de l’UPADS)

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