CONGO:  » Maîtresse d’un homme marié », la série sénégalaise qui divise et séduit

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La maîtresse d'un homme marié

Depuis quelques mois, les amoureux des séries au Congo se sont habitués à la série  » Maîtresse d’un homme marié » un feuilleton sénégalais tourné en 2019 au détriment des afronovelas. Feuilleton palpitant, dramatique et plein de suspense, « Maîtresse d’un homme marié » suscite des réactions variées.

En rappel, cette série dévoile le quotidien palpitant et troublant de cinq femmes. Marem Dial, qui est la maîtresse de Cheick Diagne marié à Lalla Piem Diagne, une prototype de la femme africaine soumise, obéissante et polie. Bref une femme traditionnelle qui fait totalement confiance à son mari, un mari pourtant qui finira par éveiller ses soupçons et l’a poussé à changer de comportement.

Djalika, une femme docile au foyer travailleuse mais qui est confrontée à la violence d’un mari alcoolique au nom de Biram et d’une belle-mère insouciante. Dior, une femme apparemment accro à l’alcool avec un passé lourd, car ayant échappé à un mariage forcé et, enfin, Racky Sow qui est hantée par un viol et qui vit avec une mère austère.

Bref ces cinq actrices décrivent là quelques facettes de la société sénégalaise, africaine et même congolaise et ont eu le mérite de mettre en valeur la beauté africaine avec des femmes au teint naturel qui n’ont pas fait le tchilongo, éclaircissement de la peau, comme on dit communément au Congo.

Marcelin IBOUMBI, enseignant de français au lycée, argue dans ce sens :  » j’aime bien cette série avec des très belles femmes qui ne font pas le tchilongo comme le font certaines qui sont complexées trahissant ainsi notre culture (…)  » Maîtresse d’un homme marié nous éduque… »

Un point de vue qui n’est pas du tout partagé par Jocelyne vendeuse en pharmacie :  » Au-delà du fait qu’elles (ces cinq actrices) ne font pas le tchilongo, cette série montre quel type de société africaine? Des femmes qui louent un appartement seule, Marem et Amsa. C’est le prototype des femmes légères qui font le kindoumba (prostitution) comme on dit au Congo, des femmes qui cherchent à arracher les maris des autres. La preuve ? Marem a détruit le foyer de Lalla. J’ai vécu ça aussi, on a volé mon mari…. Biram qui préfère s’empiffrer de l’alcool et oublie même d’aller prendre sa fille à l’école ? Oh mon Dieu !!! Ce n’est pas possible. Je me suis rappelée de tout ce que j’ai vécue avec le père de mes enfants…Cheick ? Infidèle jusqu’au bout des angles et à l’audace de maquiller ses infidélités par des mensonges bien arrondis ? Non, c’est intolérable et enfin les rôles des mamans dans cette série (elle montre un visage de dégoût) oh Jésus Christ !!!! Des vilains rôles, je ne pense pas que les mères au Sénégal sont toutes ainsi…. »

Face à tout ça, Marcelin IBOUMBI apporte un bémol en disant :  » je crois que Madame Jocelyne est un peu excessive au regard des faits similaires vécus. C’est justement l’universalité des faits. J’entends souvent des injures contre Marem, mais elle n’a fait que traduire le comportement malsain de nombreuses femmes à travers le monde. Cette série a le mérite de nous montrer notre africanité, elle a dévoilé ce qui se passe dans l’ombre. C’est une belle série et je les soutiens vraiment… »

Léonide SIAMA agent dans le privé renchérit :  » Oui les gens soutiennent Lalla, Djalika, Racky et détestent Marem, Cheick, Amsa, Dior, Biram…le jour que la 1ere saison a pris fin j’ai vu des gens pleurer… ils oublient que tout ce monde a montré le comportement de chacun de nous, ils ont pris l’audace de jouer ces rôles pour que nous comprenions l’adversité de la vie. Nous vivons dans l’hypocrisie et on doit arrêter ces genres de comportement… »

Oui « Maitresse d’un homme Marié » saison 1 a vécu, attendant la suite.

Fresnel Bongol Tsimba

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