Congo. L’UPADS un arbre PCT qui cache la forêt

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Evrard Nangho.

OPINIONS. « Quelque soit la durée du séjour d’un tronc d’arbre dans l’eau, il ne deviendra jamais un crocodile » disait le vieux sage. L’avènement de la démocratie au Congo était porteur d’espoir pour des milliers de personnes.

Après 22 ans de règne fratricide et sans partage du PCT, l’ouverture démocratique exigée au sommet de la Baule, après l’effondrement du bloc soviétique, inaugurait une ère nouvelle. Le multipartisme devrait être rupture totale avec le passé hélas les Congolais ont assisté à une mascarade.

On a déshabillé Saint Pierre pour habiller Saint Paul. En juillet 1991, Lissouba fonde l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS). La nouvelle formation politique a intégré plusieurs partis qui ont participé à la Conférence nationale et rassemble de nombreuses figures de la vie politique nationale : Simon-Pierre Kikounga-Ngot, Martin M’beri, Nguila Moungounga Nkombo, Augustin Poignet, Christophe Moukouéké, Clément Mouamba, Victor Tamba-Tamba, etc.

Lissouba a également convaincu une bonne partie de la jeune classe politique à le rejoindre dans son action.

Après la mise en place des organes de son parti, Lissouba repart en France pour prendre sa retraite à l’UNESCO, laissant à ses lieutenants le soin d’implanter l’UPADS dans la population. Quasiment tous les membres influents de l’UPADS sont des transfuges du PCT (Pascal Lissouba, Martin M’beri, Victor Tamba-Tamba, Christophe Moukouéké, Clément Mouamba).

M. Moungounga NKombo avait fait ses premiers pas en politique en participant en 1969 à la création du Parti congolais du travail (PCT, ancien parti unique).

A la faveur de la Conférence nationale de 1991, qui a ouvert le pays au multipartisme, M. Moungounga Kombo avait été un des fondateurs de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS) qui avait remporté les premières élections pluralistes de 1992.

L’exercice du pouvoir a révélé que le nouveau parti n’avait pas rompu avec les vieilles méthodes héritées du PCT (menace, intimidation, arrestations arbitraires, création des milices, détournements de fonds publics,tribalisme, etc…).

Le summum se manifeste après la perte de pouvoir en 1997, la plupart des dignitaires de l’UPADS ont tous acquis des biens immobiliers en France (Ile de France, département du Val d’Oise, appartements à Paris, bureaux aux champs Elysées,…)

D’ailleurs aucuns n’ont jamais justifié leurs acquisitions pour des personnes qui n’ont jamais travaillé à l’époque en France et ailleurs. Tel père, tel fils, l’UPADS agit de la même manière que le PCT.

Le rapprochement avec le pouvoir de Denis Sassou Nguesso pour bon nombre de dignitaires du régime de Pascal Lissouba en exil a été facile, puisque la plupart venait du PCT. Cependant cela a été très dur avec Bernard Bakana Kolelas qui n’a jamais été au PCT et qui a combattu farouchement cette idéologie marxiste qui est à l’origine du déclin de notre pays.

Aujourd’hui l’actuel premier ministre Clément Mouamba est reparti au bercail, la guerre de leadership au sein de l’UPADS a fragilisé ce parti dont certains caciques, faute de retourner au bercail, viennent de créer le Congrès Africain pour le Progrès (CAP).

Les dissensions internes ont fini par fragilisé ce parti laissant les milliers de Congolais qui ont cru à ce parti mais qui avaient à sa tête des PCTitstes déguisés en Démocrates.

Aujourd’hui l’UPADS ne peut pas donner des leçons au PCT dont ses créateurs sont tous issus car ils n’ont pas pu se distinguer dans l’exercice du Pouvoir, reproduisant les mêmes erreurs dont ils ont décrié pendant la Conférence nationale souveraine.

Seule une nouvelle génération peut sauver ce grand Parti à condition de faire table rase avec l’ancienne génération, ce qui n’est pas du tout aisé.

Le Modec fait un appel à tous les déçu de l’UPADS de nous rejoindre pour qu’ensemble nous puissions réécrire une nouvelle page de l’histoire politique du Congo.

Evrard NANGHO

Président national du Modec

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