Congo. La Chine promet des sanctions si les dégâts sur la route de Sembe étaient dus à « l’affairisme »!

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L’ambassadeur de Chine au Congo, Ma Fulin a promis de sanctionner la société chinoise, Sinohydro Tianjin Engineering Corporation, si les fissures et l’affaissement de la route Ketta-Djoum, longue de 143 Km, était responsable de ces dégâts qui rendent impraticable ce corridor intégrateur et transfrontalier entre le Congo et le Cameroun.

Depuis l’effondrement de cette route, et dont les images font le tour des réseaux sociaux, les Chinois ont perdu sommeil. Ils ont donc décidé de ne pas faire dans la demie mesure : ils ont dépêché une enquête conduite par le groupe Power China International Group Limited pour en savoir davantage.

Loin d’une enquête à la congolaise où il faut attendre les résultats pendant des années, les Chinois eux nous servent déjà les tout premiers éléments techniques : les fissures sont observées sur plus de 150 mètres du côté gauche de la voie.

La cause? L’ouvrage de drainage des eaux, en plus d’être battu seulement en terre, est envahi par des herbes et reste sans entretien. L’eau des pluies ayant donc longtemps stagné sur la chaussée, a bousillé la route!

L’opinion croit savoir que cet ouvrage n’a pas été construit selon les règles de l’art. Un expert de la BAD a même récemment indiqué que l’étude de sol a été très mal faite! Certains Congolais ont tempêté que quelque 16 milliards de francs CFA avaient dû être dissimulés; côté congolais, sur le coût total des travaux, estimé à 249 milliards de francs CFA.

Mais pour leur honneur, les Chinois ont annoncé apporter de la lumière sur l’affaire. Et si jamais Synohydro se trouvait compromise, son directeur sera sanctionné, a promis Ma Fulin.

« Chez nous, tout le monde est contrôleur, tant dans la société que les médias. Je ne pense pas que cette société ait eu le courage de se livrer à l’affairisme », a déclaré le diplomate chinois, faisant allusion à la grosse corruption.

Lancée en décembre 2011, cette route a été inaugurée tambours battants par les autorités congolaise, seulement en février dernier.

Un test de premières pluies a suffi pour mesurer la solidité de l’ouvrage : elle s’est terminée en lambeaux, telle une route en carton, mieux en plaquettes de chocolat.

La bonne nouvelle, c’est que d’abord les deux parties ont convenu de réparer très rapidement la chaussée en construisant un caniveau en béton sur 200 mètres de longueur. Les travaux ont même déjà commencé, selon la Chine. Par ailleurs, le groupe d’enquête chinois reste sur place pour veiller.

Par Arsène Séverin – Journaliste (fb)

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