Congo. Dernier coup de sifflet

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Ouabari Marioti

TRIBUNE. A près d’un an et demi des élections présidentielles de 2021, au Congo Brazzaville, alors que des voyants de la situation générale du pays pourraient leur en être favorables, les forces nationales d’opposition, aussi bien de l’intérieur du pays que de la diaspora, par diverses déclarations, sont toujours en quête de pistes pour une alternative politique crédible.

Pour le compte de l’UDH- YUKI, Guy Brice Parfait Kolelas s’est exprimé. Suivi de Pascal Tsaty Mabiala, en Premier Secrétaire de l’UPADS.

Puis, Jean Jacques Yhombi Opango, pour le RDD, dont le cri de cœur en faveur de l’unité de l’opposition a retenti comme un solennel avertissement à ces amis.

Maintes fois, auparavant, Mathias Dzon, signant pour le Collectif des Partis de l’Opposition, a dit sa part de vérité et dévoilé ses solutions.

La Fédération de l’Opposition Congolaise, à la tête de laquelle, siège Mme Claudine Munari, a également, à plusieurs occasions, dégagé la stratégie politique de sa plateforme.

Dans les coulisses, Paul Marie Mpouele, de ce qui est de sa tendance, rumine une logique.
Joseph Kignoumbi Kia Boungou, signant La Chaîne, n’est pas en reste. C’est également le cas du Collectif Sassoufit dont le leader Andrea Ngombet est candidat déclaré auxdites présidentielles.

La diaspora congolaise, dans sa libre diversité, ne s’est jamais mise en marge de ce combat pour une alternative nouvelle au Congo. Ses choix, aussi pluriels que sa composition, ont été exprimés.

En face, le Parti Congolais du Travail, parti au pouvoir et ses alliés, soutiens du Président Sassou Nguesso, potentiel pretendant à ces présidentielles, se délectent des hésitations de leurs adversaires de l’opposition.

Des adversaires, pourtant, pas des moindres, une fois regroupés, dont les capacités de forte mobilisation populaire à travers le pays et d’engagement républicain, lors des campagnes référendaire et présidentielle de 2015 et 2016, n’ont pas quitté nos esprits.

De mémoire de congolais, jamais meetings aussi monstres ont été tenus, par des politiques, opposés au Président Sassou Nguesso, dans les agglomérations de Brazzaville et de Pointe Noire.

On ne s’explique pas, qu’autant les forces d’opposition ne jurent qu’au nom du changement dans le pays, autant ces forcess ne sont pas à même de se rassembler en un lieu pour s’écouter et construire une traçabilité de travail en commun qui prioriserait l’essentiel de ce qu’elles ont en partage.

Au cas où, à tout prendre, n’interviendrait pas la pause républicaine, ce compromis historique, tant réclamé, construit avec la nation entière, sans exception, pour refonder le système électoral en vigueur, aux fins d’obtenir des présidentielles démocratiques et transparentes, nul doute que sera certaine la victoire, dès le premier tour, en 2021, du candidat du pouvoir, quelle qu’en soit la figure.

Alors que l’unité de l’opposition, pour une candidature unique de celui qui en remplirait les conditions, à déterminer, l’emporterait sur le choix du pouvoir, dans des élections, en la forme actuelle.

Les choses sont claires. Et le temps joue contre l’alternance au Congo, au cas où les forces nationales qui croient aux vertus du changement prolongent leur sommeil. 
Grandeur à celui-là qui, par-delà les pesanteurs, les préjugés et les contingences politiques de toutes sortes, se lancerait dans cette démarche de rassemblement .

Au stade actuel, quoiqu’on en dise, Pascal Tsaty Mabiala, de par sa légalité constitutionnelle, et par sa place dans les institutions du pays, pourrait être appelé à assurer ce rôle de rassembleur, dans un cadre qui aurait été défini. 
Ce qui implicitement, ne lui offrirait pas, d’emblée, la latitude de se pourvoir en candidat unique de l’opposition, une fois acquises les volontés communes.

Gloire à ces hommes et à ces femmes politiques émérites qui, refoulant leurs egos et autres surestimations personnelles, accepteraient de s’asseoir avec leurs frères et sœurs ennemis, pour une cause majeure en laquelle ils croient, mais dont divers blocages ne font pas avancer.

Enfin, honneur à ces milliers de militants et sympathisants des formations qui auront soutenu leurs dirigeants dans cette quête unitaire de l’opposition, inaccessible d’apparence, mais non impossible, tant que les coeurs sont vaillants.

Même si nul n’a le contrôle de son destin, puissent les forces républicaines, par l’avènement d’une alternative nouvelle au Congo, honorer la mémoire de ces compatriotes qui disparaissent, l’un après l’autre, sans voir aboutir le combat patriotique qu’ils ont mené des années durant, avant leur disparition.

C’est le dernier coup de sifflet. 
Et que la fierté et l’abnégation dans le combat pour changer notre pays nous tiennent.

Paris le 12 janvier 2020.
Ouabari Mariotti
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