Congo-Brazzaville : quand l’Etat doit des milliards…

0
583
Le chantier du ministère de l'Intérieur à Brazzaville, interrompu depuis 2016. Motif : les caisses de l'Etat congolais sont vides (photo prise le 25 juillet 2019). (SAMIR TOUNSI / AFP).

Au Congo-Brazzaville, de nombreux entrepreneurs se plaignent des impayés de l’Etat dans un pays surendetté qui vient de conclure un accord avec le Fonds monétaire international (FMI). Un accord qui est, pour l’instant, une bouée de sauvetage pour les autorités locales. Mais risquent de les obliger à modifier nombre de comportements…

Le Congo a passé le 11 juillet 2019 un accord avec le Fonds monétaire international (FMI). Dans ce contexte, contraint à la transparence par l’organisation financière, le gouvernement a dû se résoudre à évaluer sa dette envers les entreprises publiques et privées à 1719 milliards de FCFA (2,6 milliards d’euros). Soit 30% du total de l’endettement (8,5 milliards d’euros) de ce pays pétrolier d’Afrique centrale (le pétrole représente 4/5e de ses ressources). Lequel pays s’est retrouvé à cours d’argent quand le baril a chuté de 100 à 50 dollars entre 2014 et 2015.

Les négociations entre les deux parties ont été “ralenties par le fait que les autorités du Congo-Brazzaville avaient caché une partie de (leur) dette publique (…). Celle-ci s’établissait à près de 120 % du PIB (…) et non 77 %, selon des révélations à l’époque de Radio France Internationale (RFI)”, rapporte Le Point.

Dans le même temps, “les entreprises congolaises depuis 2002 subissent le non-paiement de leurs créances malgré le boom pétrolier”, affirme le président de l’Union nationale des opérateurs économiques du Congo (Unoc), El Hadj Abdoulaye Djibril Bopaka. Sans parler des arriérés de pensions, des retards de salaires et des impayés de bourse, comme le souligne Mediapart… 

Bon nombre d’entreprises ont dû licencier ou fermer leurs portes, ajoute le responsable d’une des organisations patronales congolaises.

Le résultat est visible dans les rues de Brazzaville, avec plusieurs chantiers à l’arrêt. Le plus emblématique est celui du nouveau bâtiment qui devait abriter le ministère de l’Intérieur, place de la République. Les grues ne fonctionnent plus depuis 2016, se souvient un connaisseur du dossier. Un panneau indique le nom du concessionnaire : San José. En l’occurrence une entreprise espagnole qui annonçait sur son site internet un contrat de 58,48 millions d’euros au moment de l’adjudication en 2013.

Le cahier des charges prévoyait deux majestueuses tours de neuf et dix étages Surface totale : 44 000 m². Les deux tours sont bien sorties de terre. Mais restent inachevées.

Lire la suite sur Francetvinfo.fr

LAISSER UN COMMENTAIRE