Clélia Chevrier Kolačko, directrice générale de l’Institut français du Maroc : La philosophie peut nous aider à réfléchir sur notre place dans le monde et à agir différemment

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Directrice générale de l’Institut français du Maroc, Clélia Chevrier Kolačko s’est prêtée à nos questions avant le coup d’envoi de la Conférence inaugurale de la sixième de la Nuit des philosophes, organisée par l’IF du Maroc, vendredi 8 dernier, à la Faculté des sciences de l’Université Mohammed V de Rabat.

La philosophie est souvent perçue comme une discipline complexe. Comment l’IF du Maroc compte changer  cette image?
Clélia Chevrier Kolačko: Ce qui est important pour l’Institut français, c’est d’amener  les jeunes et moins jeunes à prendre plaisir à la philosophie, se dire qu’elle n’est pas une réflexion aride réservée aux seules élites intellectuelles. Au contraire, c’est quelque chose de très concret qui aborde des questions du quotidien et d’ordre social : qu’est-ce qu’on veut actuellement de notre terre, de notre société et c’est bien le  sens de la thématique que nous avons choisie : le partage.

Je pense que cela intéresse tout le monde de réfléchir à la manière dont on souhaite partager la terre qu’on a reçu en partage, les richesses, le pouvoir, notre temps aussi entre la famille, le travail et les loisirs. Tout cela c’est des questions qui agitent tous et toutes et je pense qu’en cela la philosophie peut nous aider à réfléchir sur notre place dans le monde et à agir différemment.

La Faculté des sciences abrite pour la deuxième fois cette Nuit des philosophes. Quel est l’intérêt de l’organiser en ce lieu ?
Tout lieu en soi a un intérêt. Ce qui nous intéresse, c’est d’abord ce lien entre philosophie et sciences. Puis remettre la philosophie au sein de la Faculté des sciences,  c’est ce qui a intéressé aussi la faculté elle-même. Le doyen de la faculté était très  intéressé par cette proposition, lui-même souhaitant que les étudiants réintègrent la philosophie dans leur pratique quotidienne des sciences.

La nuit des philosophes donne lieu à de riches échanges entre le public, les étudiants et les lycéens.  Quelle suite donnez-vous à ces débats?
Nous organisons des débats d’idées au sein de toutes les antennes de l’Institut français, ce qui permet à tous ces jeunes et moins jeunes de continuer à s’intéresser, s’informer et réfléchir à certaines des thématiques abordées dans le cadre de cette soirée. Ils peuvent aussi faire des recherches dans nos médiathèques pour obtenir de plus amples informations et, pourquoi pas, décider d’étudier la philosophie. Pour nous, ce qui compte c’est cette ouverture vers la philosophie.

Qu’espériez-vous que les étudiants retiennent de cette édition ?
La possibilité de tout questionner, de réfléchir à ce qui nous entoure, de changer des choses et avancer dans sa propre réflexion, sa manière d’agir dans le monde. C’est aussi de se dire que le partage en soi n’est pas juste une notion unique, mais qu’il ouvre énormément de thématiques.

Propos recueillis par Alain Bouithy

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