Centrafrique: la croissance a ralenti à 4,3% en 2017, selon le FMI

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La persistance des conflits et de l’instabilité pèse sur le redressement de la Centrafrique, a relevé la Banque mondiale dans la première édition des Cahiers économiques de la République Centrafricaine (RCA) rendue publique mardi 19.

Selon ce document intitulé « Briser le cycle des conflits et de l’instabilité », qui analyse en profondeur les facteurs de fragilités et propose quelques pistes de redressement économique, la détérioration des conditions de sécurité et de la situation humanitaire compromet les espoirs d’une reprise économique vigoureuse en Centrafrique.

Après avoir culminé à 4,8% en 2015, la croissance a ralenti à 4,5% en 2016 et à 4,3% en 2017, a noté l’institution financière soulignant qu’en dépit du climat d’optimisme qui prévaut depuis l’élection présidentielle de 2016 et la politique d’assainissement budgétaire prometteuse du gouvernement, le pays reste un État fragile.

La Banque mondiale pense toutefois que la RCA pourrait s’inspirer de l’expérience réussie d’autres pays fragiles pour pérenniser ses efforts de pacification et de redressement. L’institution fait allusion à des pays tels que le Ghana, le Libéria et le Rwanda qui sont parvenus à sortir de longues périodes d’instabilité.

Pour briser la spirale de l’instabilité et du conflit, cette publication annuelle identifie trois conditions indispensables. A savoir : rétablir la sécurité, lutter contre l’impunité en garantissant la réparation des préjudices subis par les victimes, et promouvoir un développement économique et social équitable et inclusif.

Pour Jean-Christophe Carret, directeur des opérations de la Banque mondiale pour la Centrafrique, il ne fait aucun doute que « l’insécurité persistante est l’obstacle le plus important à la réduction de la pauvreté car chaque nouvel affrontement violent entre groupes armés provoque des déplacements supplémentaires, détruit des biens privés et complique les efforts des organisations humanitaires ».

En outre, il pense que « la crise sécuritaire prolongée en RCA pèse sur la capacité de l’État à fournir des services et des biens publics essentiels dans les domaines de la santé, l’éducation et l’eau ».

Economiste en chef de la Banque mondiale pour la RCA et coordinateur des édition Cahiers économique, Souleymane Coulibaly soutient que l’expérience réussie d’autres ayant connu plus ou moins la même situation de « souligne l’importance de favoriser le développement de la société civile pour consolider les acquis démocratiques, de renforcer la responsabilité publique et d’améliorer la transparence, tout en adoptant un ensemble pragmatique d’initiatives politiques et institutionnelles pour augmenter progressivement mais constamment la qualité de l’administration publique. »

Martin KAM

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