Bref aperçu historique de la musique congolaise en 12 chapitres

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Ce bref aperçu historique de la musique congolaise n’est pas une publication exhaustive, il présente essentiellement les grandes lignes de chaque décennie sans rentrer dans les détails.

Ce que c’est que la musique congolaise

A la question essentielle de savoir ce que c’est que la musique congolaise, il est souvent difficile de répondre simplement et clairement lorsqu’on n’est pas initié dans les différentes formes musicales que compose cette musique, dans ce qu’il y a de traditionnel et de moderne, ses origines et le chemin parcouru jusqu’à nos jours.

C’est ici qu’il y a lieu d’interroger l’histoire à mieux comprendre le processus de cette musique, en quelques temps forts, qui déterminent les formes, les signes distinctifs à travers la vie de ses principaux acteurs.

01LES NOIRS PRIMITIFS

Au début était le RYTHME – Les noirs primitifs bantous devaient, ainsi qu’il en a eu toujours été, meubler leurs journées avec les trois grands mobiles d’action des hommes, qui les premiers ont habité notre terre, en quelque sorte, l’AMOUR, la NOURITURE et la GUERRE.

Ces trois mobiles ayant un Point commun, le RYTHME a vu le jour, à la suite des transports de joie que provoquait le bon accomplissement d’un des trois mobiles cités ou les trois à la fois. Voilà une explication comme une autre de la naissance de la DANSE et du CHANT

02 – Le RYTHME au Congo ou en Afrique (chez Les Bantous)

Au Congo ou en Afrique (chez Les Bantous), aussi loin que l’on peut remonter en pensée dans la nuit des temps on retrouve l’association intime entre la DANSE, le CHANT et la MUSIQUE. Et encore faut-il dire qu’à l’état rudimentaire, la MUSIQUE fut sans doute représentée par ce seul élément, le RYTHME. La musique n’a certainement pas existé en tant qu’élément séparé, mais comme accompagnement de la Danse. La DANSE a donc évolué plus vite que la MUSIQUE.

03 – LES INSTRUMENTS

L’Instrument de musique est pour les loisirs de l’homme primitif, ce que l’outil a été pour son travail. Plus les mœurs se poliçaient, plus l’homme bantou faisait jouer son intelligence. Le premier instrument a dû être un instrument de percussion : Le TAM-TAM.

On peut dire donc que la DANSE et le CHANT accompagnés par les instruments ont donné naissance à la MUSIQUE FOLKLORIQUE, issue des groupements ethniques transmis oralement de père en fils.

  • – LES ANNEES 1920

a)- 1920 – Le chant de la campagne en ville : Le Folklore

Dans les années 20, le folklore émanation de la musique traditionnelle dans sa campagne culturelle a eu droit de cité dans les centres urbains, où son exécution est strictement limitée par l’administration coloniale. Néanmoins à cette époque, on assiste à la floraison de groupes folkloriques, groupes de chants ou troubadours, qui ont admirablement forgé leur talent dans un esprit de solidarité pour mettre en valeur le caractère ethnique de leurs chansons et leurs rythmes.

b)- 1924 – Apparition des premiers musiciens individuels (ou vocaux) de la musique populaire congolaise

Les tous premiers musiciens individuels de la musique populaire congolaise, sont héritiers des formes traditionnelles de l’art vocal bantou. Leur musiquese caractérise par des harmonies et arrangements simples de type populaire qui accordent une nouvelle forme d’expression qui s’adaptent dans les styles de l’époque : « Zebola », « Ekonda », « Aghaya », « wala », « Kebo, Zango, etc.

Ils jouaient avec les instruments locaux, avant de s’approprier plus tard de quelques instruments occidentaux.

05 – LES ANNEES 1930

a)- 1930 – Un petit nombre de foyers musicaux précurseurs de la musique congolaise moderne commencent à apparaître et font les beauxsoirs des villes de Brazzaville et de Léopoldville. A cette époque favorable au développement de la danse, de la musique et de la vie nocturne, deux genres prédominants dans la musique dansante sont en concurrence ouverte :

Les ensembles les plus caractéristiques des rythmes modernes composés d’auteurs-interprètes qui chantent et s’accompagnent de deux à trois instruments modernes et ceux des groupes plus étoffés que l’on appelait alors « Société ». Ce sont des groupes vocaux typiquement congolais et très populaires, notamment dans leur action qui s’étendait à l’entraide et à la solidarité des membres.

C’était le début d’un processus qui va developper un genre de musique urbaine par les danses comme « Maringa », « Polka Piké », etc – Citons dans ce chapitre des noms comme : Albert Loboko (Bonne Espérence), Bernard Massamba « Lebel » (Jazz Bohême), Manequin de la Jeunesse (François Bamanadio,  Manoka Souleimane « De Saio », Camille Feruzi, Adou Elenga, etc.

b)- 1934 – 1938 – L’air de la Rumba fait son apparition sur les deux rives du fleuve Congo

Introduite à Cuba au 18ème siècle par les esclaves originaires du Royaume du Kongo, « Kumba » danse du nombril, deviendra « Rumba » selon la prononciation particulière des colons espagnols. Elle fera son retour au Congo après avoir triomphé à Cuba, aux Etats-Unis et en Europe.

En effet, au fur et à mesure que l’immigration des différents africains de l’ouest, des européens et des antillais prenait son ampleur grâce à l’installation des grandes Firmes de commerce et de transit, et aussi des biens, des fonctionnaires des colonies, naquit le brassage qui fit découvrir aux congolais, la Rumba et bien d’autres musiques comme la Biguine des Antilles et le High life nigérian ou ghanéen.

c)- Au Moyen-Congo et à Brazzaville, le groupe « Congo Rumba » constituera le sommet d’un projet imaginé par les guitaristes congolais Kakou et Mozebo et finalisé par l’antillais Jean-Réal (coopérant français). Il imprime au groupe des standards modernes qui dépassent largement le cadre de la rumba, comme la Biguine, le boléro, etc.

d)- Au Congo-Belge et à Matadi, c’est à l’orchestre « Excelsior » des travailleurs ouest-africains « coast-men » que l’on doit l’introduction de la Rumba, le high life, la biguine, etc… Composé d’excellents musiciens jouant à plusieurs instruments modernes, l’orchestre « Excelcior » a évolué sous la direction de son chef ghanéen Thobas.

06 – LES ANNEES 40

A partir de la forme d’expression musicale des groupes « Excelsior » et « Congo Rumba », plusieurs groupes de forme d’expression vocale des années 30, commencent à construire les premiers arrangements musicaux, sous formes des musiques du monde pour satisfaire les goûts des mélomanes cosmopolites des grandes villes du Congo-Belge (Léopoldville) et du Moyen-Congo (Brazzaville)

Citons quelques formations dont le style s’intégrait parfaitement à l’environnement musical des années 40 : Victoria Brazza 1941 (Paul Kamba), Victoria Kin 1943 (Wendo), Orchestre Liège (1940) , Armonie Brazza, (1942) etc.

a)- Les premiers grands orchestres de cuivresDifféremment des groupes précités, deux grands orchestres de cuivres sous la forme de « jazz band » de la Nouvelle Orléans (USA) voient le jour : « Odéon Kinois » d’Antoine Kasongo (Léopoldville) et « Melo Congo » d’Emmanuel Dadet de Brazzaville. Plusieurs groupes de ce genre vont voir le jour à Brazzaville et à Léopoldville.

b)- 1945 – La vulgarisation de la musique de danse prend une ampleur telle que les protagonistes de celle-ci se comptent par dizaines. Parmi eux, ceux qui arrivent à construire des meilleurs arrangements musicaux sous forme de la Rumba, de la Biguine et de la Polka Piké.

c)- 1945 – Le Chant spirituel : Parallèlement à la musique d’agrément, la musique profane représente la composante religieuse bien organisée et en pleine évolution chez les Catholiques et les Protestants. Une musique qui a trait à des chorales à plusieurs voix dont la nature chez les Catholiques épousait les chants grégoriens en latin ou des chorales en langues vernaculaires. Parmi les organistes qui seront expérimentés dans ce genre, on compte Joseph Kiwele (Léopoldville) Raymond Nguema et les pères spiritains Lebaye et Remy (Brazzaville).

d)- 1946 – 1948 – Création des deux premieres Editions musicales à Léopoldville (Kinshasa) : 1946 : « Olympia » (African Série – Patou) – 1948 : « Ngoma » (Nico Jeronimidis) – 1949 : « Kina » (Benatar) – 1949 : Gallotone (Katanga).  Ces quatre premières éditions musicales donnent l’occasion aux précurseurs de la musique congolaise moderne de s’employer activement dans une carrière phonographique qui sera suivi avec d’autres Firmes.

07 – LES ANNEES 50 (les fabuleuses années de la musique populaire congolaise)

La décennie 50 peut être considérée comme l’âge majeur qui apparait à l’apogée de la musique congolaise moderne. C’est la décennie d’une ambiance festive au cours de laquelle deux puissants alliés de la musique : La RADIO et l’INDUSTRIE PHONOGRAPHIQUE sont en pleine effervescence. Avec en ce qui concerne l’industrie phonographique, l’engagement à fond des grandes nouvelles éditions musicales : 1950 (Kina) devient « Opika », 1950 : « Loningisa », 1953 :« Cefa » et 1956 : « Esengo » dans la nouvelle forme d’expression qui allait ouvrir la voie à tout un grand nombre d’artistes et des orchestres.

Pour ne citer que les groupes et les musiciens ci-après :  « African Jazz » (Kabasele), « Negro jazz » (Kaba), «OK Jazz » (Essous puis Luambo), « Rock-A-Mambo » (Malapet), « Conga Jazz » (Ebengo), « Maquinaloca » (Fylla), »Novelty » (Pincky), « Les Bantous » (Essous), Henri Bowane, Léon Bukasa, Manuel d’Oliveira, Lucie Eyenga, Marie Kitoto, Martha Madibala, « CDJ » (Diaboua),  Antoine Moundanda, etc.

Enfin, les années 50 c’est aussi, surtout l’avènement du duo mémorable Zacharie Elenga « Jhimmy » (guitariste hawaïen) et Paul Mwanga (chanteur) qui constituera le plus grand évènement de l’année 1950. « Jhimmy » aura surtout le mérite d’avoir comme élèves Charles Mwamba « Dechaud » et Emmanuel Tshilumba Baloji « Tino Baroza ».

LE FAIT SAILLANT DE CETTE DECENIE 50 : Antoine Moundanda : Obtention du 1er prix « d’Osborn awars de l’Aficanus society » (Afrique du Sud) octroyé en 1954 grâce à sa chanson « Mwana aboyi mama » et félicitations de l’Unesco pour avoir introduit un instrument traditionnel  dans la musique moderne.

08 – LES ANNEES 60 (Années des Indépendances)

La musique congolaise en 1960, année de l’accession à l’Indépendance des deux Congo (Congo-Kinshasa 30 juin – Congo-Brazzaville 15 août) avait déjà atteint son apogée au point où elle faisait danser toute l’Afrique, voire une bonne partie de l’Europe (France-Belgique).Fruit de l’éclosion des grands orchestres nés au cours des années 50 et qui se sont illustrés chacun dans son style pour atteindre avec beaucoup de travail des résultats élogieux.

Au nombre des orchestres qui étaient au-devant de l’actualité pendant cette décennie où la musique congolaise a abordé une étape décisive de son histoire, étape de la grande émulation, citons : African Jazz, OK Jazz, Negro-Band, Novelty, Conga Jazz, Rock-A-Mambo, Les Bantous, Beguen Band, African Fiesta, Sinza, et tant d’autres à Brazzaville et à Kinshasa qui ont montré de grandes dispositions musicales dans tous les genres.

Enfin, au cours de cette décennie, notons le premier déplacement d’un orchestre congolais en Europe (Belgique), notamment l’African Jazz de Joseph Kabasele à la « Table Ronde » Belgo-congolaise (20 janvier au 20 février 1960) destinée à définir les conditions et la date de l’Indépendance du Congo-Belge, symbolisée par l’oeuvre mémorable : « Indépendance cha cha ». L’African Jazz sera suivi en 1961 par l’OK Jazz et en 1962 par Les Bantous. – 1964 naissance du mouvement des groupes vocaux à Bazzaville

LES FAITS SAILLANTS DE CETTE DECENNIE 60 :

-Avril 1966 – Participation de l’orchestre Bantous (Brazzaville) et l’orchestre OK Jazz (Kinshasa) au 1er Festival mondial des arts nègres à Dakar – Juillet/août 1969 Participation de l’orchestre Bantou (Brazzaville) et l’Orchestre Bamboula (Kinshasa) au 1er Festival culturel panafricain d’Alger.

09 – LES ANNEES 70

La Floraison des orchestres « Style Jeune »

Les années 70 voient la floraison des orchestres, des chansons et des nouvelles danses, c’est la période où beaucoup d’adolescents longtemps tributaire de l’influence des grands orchestres vont chercher une voie pour imposer des nouveaux styles : Apparition des paroliers sur des thèmes sciemment instaurés pour plaire aux jeunes, à cette époque de renaissance et de foisonnement de genres musicaux. Plusieurs orchestres vont marquer le début de cette époque.

Leurs membres issus de diverses couches de la société congolaise vont activement s’adonner à la pratique de cette musique bien élaborée où les structures simples laissent une large place à l’improvisation. On attribue à cette musique l’appellation « Style Jeune ».

Les premiers groupes « Syle Jeune » qui ont le mérite d’être écoutés avec délections et qui trouvent un public très large ont orienté leur musique vers une expression locale qui allie la tendresse à la véhémence, tandis que la conception orchestrale de la section rythmique est soutenue par une guitare solo qu’accompagnent un trio : Guitares-Clavier-Batterie (guitares solo, mi-solo, rythmique et basse). L’absence des claviers est comblée par un « fou chanteur-maracassiste », alias « Atalaku ». Au point où le guitariste solo est largement sollicité et se doit d’être de grande classe et avoir des qualités de show.

Quant à la nature des oeuvres, leurs sonorités et leurs techniques harmoniques se situent plus proche de la rythmique « Post-rumba-rock » ou « Soukous-rock ».Renoucellement avec bonheur de quelques standars de qualité.

Parmi les groupes qui ont marqué ce mouvement, citons à Kinshasa et à Brazzaville : Bella-Bella, Zaïko Langa-Langa, Negro-Succès, Stukas, Viva la musica, etc.. pour Kinshasa, et Ndimbola lokole, Group’rouge, Sossa, Trois Frères « Rumbaya, etc… pour Brazzaville

LES FAITS SAILLANTS DE CETTE DECENNIE 70 :

-1977/78 – Participation des deux Congo au 2ème Festival des arts-négro africains de Lagos – 5 décembre 1970 Pascal Tabu Ley monte sur la scène de l’Olympia.

10 – LES ANNEES 80

Deux décennies après l’accession à l’indépendance des deux états du Congo, qui sont pourtant à la source du jazz, de la musique afro-caribéenne, aucun n’exploite l’art musical congolais pour en faire une industrie prospère.

En effet, les musiciens, auteurs et compositeurs congolais, en dépit de leur renommée, des succès énormes que rencontrent leurs œuvres, ne vivent pas encore suffisamment du fruit de leur travail. La production musicale étant aux mains des éditeurs véreux qui ne parviennent pas à se développer pour faire de la musique congolaise, une activité qui marche avec son évolution et ses orientations. En outre, très peu d’efforts sont faits pour exploiter largement et intelligemment notre folklore.

C’est dans ce contexte caractérisé par l’instabilité des musiciens que les groupes vont évoluer entre 1980 – 1989. A l’exception de très peu de cas, notamment parmi les artistes exilés en Europe et ceux qui sur place au Congo se sont mis à voler sérieusement de leurs propres ailes.

Un des faits marquant le début de cette décennie c’est la présence à Brazzaville de l’IAD (Industrie Africaine du Disque). Celle-ci connait sa meilleure productivité et réalise ses meilleures ventes grâce aux musiciens kinois et brazzavillois qui ont su profiter de ce bijou pour asseoir leur audience et s’ouvrir au marché international.

Enfin, la décennie 80 a été la plus meurtrière dans la grande famille de la musique congolaise avec la disparition des grands noms comme : Joseph Kabasele, Nico Kasanda, Lucie Eyenga, Luambo-Makiadi « Franco », Vicky Longomba, Kwamy , Victor Mokoko … pour ne citer que les plus célèbres.

La décennie 80 a été surtout celle qui a vu évoluer plusieurs vedettes féminines de la chanson à Kinshasa, Brazzaville et à l’étranger.

LES FAITS SAILLANTS DE CETTE DECENNIE 80 :

– 1983 création à Brazzaville de l’IAD (Industrie Africain du Disque) – 1982 : Prix Découverte RFI (Radio France International) attribué simultanément à Casimir Zoba « Zao » et Philippe Sita le prix de la meilleure chanson. « Ancien Combatant » de ZAO – 1985 : Prix Découverte RFI attribué à Ange Linaud Nzendo pour sa chanson « Mwana Boémi ».

11 – LES ANNEES 90

La musique congolaise au cours des années 90 a évolué un peu en dent de scie. Si sa richesse et sa diversité n’ont pas été mise en cause, à la vérité la renaissance de celle-ci s’est fait toujours attendre ; pour surprenant que cela puisse paraître, les politiques de développement économique n’ont pas su jusque-là intégré le domaine musical dans leur priorité, au point où le statut social des musiciens est demeuré flou et incertain. Conséquence de cette situation pittoresque, en dépit des potentialités et surtout des talents que regorgeaient les deux Congo. Nos musiciens ont géré une misère presque endémique, à l’exception de quelques individualités fortunées qui ont fait office de producteur discographique, patron de groupe ou opérateur culturel.

La décennie 90 a toutefois révélé des artistes et des groupes qui ont pris conscience du retard accumulé par les ainés, afin de briser certains mythes et de rehausser le niveau de la musique congolaise. Les artistes congolais évoluant à l’étranger ont particulièrement servi de modèle.

Toujours plusieurs tragiques disparitions : Mpongo Love, Les frères Soki, Henri Bowane, Paul Ebengo « Dewayon », Jo Mpoyi, Bitsikou « Théo », Gérard Madiata, Ntsesa Nzitani « Dalients », Pépé Kale Yampania, Liengo Honoré, Manoka  De Saio, etc..

LES FAITS SAILLANTS DE CETTE DECENNIE 90 :

Tenue des premières éditions : 1994 – Ngwomo Africa (Fête panafricaine de la chanson) à Kinshasa – 1996 – Festival Panafricain de Musique (Fespam) à Brazzaville.

12 – LES ANNEES 2000

La musique congolaise au cours des 20 premières années 2000 a connu une baisse sensible, notamment dans le domaine de la texture. Cette baisse estfavorisée par la vague des disques publicitaires et des dédicaces (appelés en jargon congolais « Mabanga ») adoptés par la majorité des groupes. Ils ont relayé le texte des chansons au second plan, pour succomber à l’appât tendu par le politique, l’opérateur économique, l’officier de l’armée…, dont l’évocation du nom dans une chanson est devenue la principale source de revenu, (au détriment des sources traditionnelles générées par les droits d’auteur, droits mécaniques, droits d’accompagnement, royalties, etc. ) au point où dans un morceau ont peut s’attendre à la citation de plusieurs noms. Saturation totale de l’œuvre qui n’attire plus les acheteurs.

Ce choix, certes n’est pas anodin, il est dicté par un bon nombre de faits concrets liés à la conjoncture économique difficile. Précisément :

– La crise du disque qui ne se vend plus bien, en raison de la piraterie, la vente numérique, le téléchargement illégal…

– Les concerts qui ne drainent plus suffisamment de danseurs. Les grands orchestres traditionnels ont fini presque tous par disparaître. Pour ne rester par exemple que deux groupes issues des années 50 (Les Bantous), les années 90 (Bana OK), lesquels peinent à voir le bout du tunnel. Seule la vague des groupes de la nouvelle génération tiennent encore bon, mais avec au bout du compte des dissidences en permanence. C’est bien le cas de Quartier Latin, Clan Wenge, Viva la musica et apparentés. Extra Musica, Impression des As, Patrouille des stars, etc.

LES FAITS SAILLANTS DE CETTE DECENNIE 2000 :

-Le triomphe à Bercy de : Koffi Olomide, Werrason – Kora African Music Awards (Bozi Boziana, Koffi Olomide) – Les 60 ans des Bantous de la capitale(Le plus vieux orchestre africain avec son chanteur Edo Ganga 86 ans)

Clément OSSINONDE

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