Boniface Mongo-Mboussa : «Nous essayons de contribuer au développement et à l’épanouissement de la littérature congolaise».

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L’écrivain Boniface Mongo-Mboussa.

«Je suis un soldat de la culture. Je suis un petit congolais qui pense que le Congo doit avoir sa voix dans le concert des nations», a déclaré à la rédaction de Starducongo/Pagesafrik, le 18 octobre 2014 à Brazzaville, l’écrivain Boniface Mongo-Mboussa, à l’occasion de la tenue à Brazzaville, du 15 au 18 octobre 2014, de la seconde édition de la biennale des arts et des lettres.

Quelle appréciation faites-vous de la biennale des arts et des lettres à laquelle vous venez de participer ?
Boniface Mongo-Mboussa: 
Un sentiment de fierté parce qu’il y a Dak’Art sur le continent et le fait qu’il y ait déjà une biennale des arts et des lettres à Brazzaville est très réconfortant.
Historiquement, les deux villes, les deux capitales Dakar et Brazzaville, ont porté L’Afrique Equatoriale Française (AEF) et L’Afrique Occidentale Française (AOF) pour dire qu’il s’agit là de la première chose. La seconde, c’est que Brazzaville a été le carrefour de L’Afrique Equatoriale Française (AEF). On peut le dire, d’un point de vue journalistique avec la revue Liaison et au grand poète qui a osé affronter des monuments comme Césaire et Senghor dans la négritude ainsi que des écrivains de renommée internationale, j’ai cité Tchicaya U’Tam’si.
Je confirme que l’école de Poto-Poto demeure un mythe même si elle a perdu un peu de son rayonnement d’antan. Il sied de se rappeler que lorsque Senghor veut mettre en place l’école des arts à Dakar, c’est Pierre Lodds qu’il appelle de Brazzaville. Je devine que Brazzaville a pris conscience en mettant sur pied une biennale des arts et des lettres et cela me réconforte.
Comme je l’ai dit tantôt, c’est un sentiment de fierté qui m’habite. Il faudrait peut-être, pour l’améliorer, faire de telle sorte qu’elle ne soit plus seulement nationale mais internationale c’est-à-dire y faire participer des artistes africains et surtout la presse africaine.

Vous venez d’évoquer le nom de Tchicaya U’Tam’si, est-ce pour dire que vous êtes un de ses adeptes ?
Oui, vous ne pouvez pas imaginer ce qu’a été le courage de Tchicaya U’Tam’si dans les années 50 avec d’éminences comme Césaire qui était normalien ; Senghor qui était déjà un agrégé de lettres et Alioune Diop qui était pratiquement Sénateur. Lui n’était qu’un va-nu-pieds. Voilà ce va-nu-pieds qui dit «sale tête de nègre, voici ma tête congolaise». Il fallait le faire. Les gens ne pouvaient pas soupçonner le courage de Tchicaya U’Tam’si.
Tchicaya n’appartenait pas au cénacle. Il n’était pas un étudiant. Il ne faisait pas partie de l’élite. Mais grâce à sa prise de parole et à sa poésie, il a placé le Congo sur orbite. Aujourd’hui, quand on fait l’histoire de la culture, de la poésie ou de la littérature africaine, on parle de Senghor et de Tchicaya U’Tam’si. Je confirme que je suis un adepte de Tchicaya U’Tam’si.

Quelle lecture faites-vous de la littérature congolaise vue de Paris où vous vivez ? 
Il y a beaucoup de mouvements mais ça, c’est quelque chose qui me plait énormément. On ne peut pas décréter du jour au lendemain qui est poète et qui est écrivain. Le fait qu’il y ait une production abondante est une chose qui mérite d’être saluée. Les congolais des deux rives sont des gens très imaginatifs. L’art est peut-être mieux incrusté en RDC et plus épanoui mais la rive droite est celle de la littérature.
Nous essayons, depuis Paris, de contribuer à notre manière et même modestement, au développement et à l épanouissement de la littérature congolaise.

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