Arts plastiques. L’œuvre de Najib Wardi, un état transcendant de lucidité

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L'artiste peintre Najib Wardi

Fête de couleurs, de formes et de lumières, l’œuvre de l’artiste-peintre Najib Wardi est le fruit de plusieurs décennies de travail et de recherches. Aujourd’hui, le plasticien travaille sur une nouvelle série de toiles à mi-chemin entre l’expressionnisme et l’abstrait. Le tout dans un rendu visuel attrayant qui dit toute la maturité artistique de ce peintre chevronné.

La récente série d’œuvres de Najib Wardi affiche surtout tout le talent de ce peintre et professeur d’arts plastiques. Son travail pictural est une quête perpétuelle. Il a parcouru toutes les écoles universelles d’arts plastiques et a touché à tous les styles.

Du figuratif à l’abstrait, Najib Wardi nous propose aujourd’hui le fruit de cette quête à travers cette série d’œuvres de rare pureté. Sa maturation artistique est bien établie. Et elle est nettement perceptible dans ses derniers travaux.

En principe, comme toute œuvre de qualité, celles-ci possèdent le sens de l’universel atemporel. Elles sont en somme d’une limpidité chromatique considérable.  Là, c’est d’ailleurs la grande force de la forme constante de notre artiste, qui n’appelle pas à contestation interprétative. La création picturale dans ses œuvres est une effervescence de sensations renouvelées et chargées de charme. Une sorte de quête intérieure en vue d’allier les sentiers nouveaux du volume et l’éclat-jaillissement d’une palette si riche. C’est l’impression première que nous aimerions avancer en tentant d’interroger cette logique esthétique qui transpose une âme d’artiste raffinée et emplie de verdure pour une envolée dans les cieux de l’imaginaire.

«Pendant longtemps, il peindra dans un style figuratif, sans autre objectif que de se créer des loisirs, des espaces de liberté et de joie, au cœur des ses obligations professionnelles. Puis, il entre dans le monde de l’abstraction dont l’interprétation est ce qu’il y a de plus dur car il y a toujours peu de choses pour s’y raccrocher. La peinture de Najib Wardi m’évoque beaucoup les mémoires perdues et ses portes souterraines, et parfois la mort et sa puissance! Mais la vie est là discrète tamisée, comme un visage endormi entre deux rêves», indique à ce propos la critique d’art Françoise Gaultier.

Beauté, harmonie, idéal… autant de canons esthétiques qui sont réinterrogés de façon sublime. Ainsi, l’œuvre de Najib Wardi se profile comme un agrégat de détails nets qui n’arrivent pas à faire un.  En fait, entre la mesure et les cercles qui mettent en exergue la notion de limites dans l’art : limites entre le chtonien terrestre et le céleste hautain, germe le souci de l’idéal, difficile de classifier dans cette modernité hasardeuse du rouge palpitant et du bleu assurant. Il faut dire que dans ses œuvres, tout suggère cette volonté de voyager au-delà du rythme quotidien, de la parole envolée pour accéder à la béatitude de l’être.

«L’artiste va explorer l’espace, dynamiter la matière, exploser les couleurs, installer des lignes et des plans, métamorphoser des supports, tracer des chemins et des passages, réveiller une couleur, ennoie une autre, éclairer tel point et plonger tel autre dans l’obscurité, il recouvre ou épargne, il griffe, froisse, écrase…», poursuit Françoise Gaultier.

Très saluées par les critiques, les œuvres de Najib Wardi  sont souvent empreintes de formes simples et tranchantes. C’est sa marque déposée qui l’accompagne jusqu’à aujourd’hui. Il jongle avec plusieurs matériaux. Et si l’art contemporain a pour désinvolture de se séparer, il faut bien admettre qu’apparemment ce temps est révolu. L’art qu’il nous donne à apprécier aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir avec cet art contemporain – art de la séparation et du sublime détachement, du néo-plasticisme à l’expressionnisme abstrait – qui semble réjouir certains artiste- peintres ou sculpteurs. Il s’agit avant tout d’un art contemporain marocain prôné comme méthode de travail par cet artiste, professeur d’arts plastiques. Sa méthode d’approche du regardeur procède par induction de virtualités contenues dans l’œuvre qu’il ne reste plus qu’à nommer.

«Afin de galvaniser les émotions, l’art, en tant que création, prétend élever l’observateur jusqu’à un état transcendant de lucidité. Si cela peut être effectué, l’artiste a atteint son but…», conclut-elle. C’est comme si l’artiste ne se suffit plus de platitude et cherche à brusquer par le volume, le tissage imposant qui rime avec l’excellence souvent gaie et béate du dire.

L.M.

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