Ana Lucía Coronel du FMI: le nouveau gouvernement sud-africain mesure à quel point la corruption entrave la croissance

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Ana Lucía Coronel dirige l’équipe du FMI chargée de l’Afrique du Sud. Ph. DR

La croissance du PIB réel de l’Afrique du Sud devrait rester inférieure à 2 % à moyen terme, a indiqué le Fonds monétaire international (FMI), soulignant que ce taux est insuffisant pour relever le niveau de vie ou réduire un tant soit peu le chômage.

Il ressort de la dernière évaluation de l’institution internationale, la confiance des parties prenantes est peu élevée depuis plusieurs années, ce qui entraîne une faible croissance économique .

Selon Ana Lucía Coronel, qui dirige l’équipe du FMI chargée de l’Afrique du Sud, « ceci est en partie lié au fait que la gouvernance a connu des jours meilleurs. La corruption en Afrique du Sud entame la confiance que la population accorde à ses dirigeants et à ses institutions. »

Faute de confiance, « les investisseurs et les consommateurs ont reporté leurs décisions d’investissement et de dépenses, avec des conséquences sur la création d’emplois », a-t-elle constaté assurant toutefois que le changement politique marque un tournant important.

Après les déclarations publiques du président Ramaphosa assurant qu’il souhaite lutter contre la corruption et renforcer la transparence, Ana Lucía Coronel a relevé que la volonté politique est  bien présente.

En effet, « nous avons constaté que certaines mesures ambitieuses ont d’ores et déjà été prises. Par exemple, les conseils d’administration et les directions de plusieurs grandes entreprises publiques ont été remaniés, afin de remplacer certains éléments douteux par des fonctionnaires dignes de confiance », a-t-elle reconnu dans un entretien publié sur le site du Fonds. Et d’ajouter que l’administration fiscale a également été revue de fond en comble pour permettre la collecte de taxes qui disparaissaient jusqu’ici en raison de la corruption.

D’après elle, certains fonctionnaires impliqués dans des pratiques illégales font désormais l’objet de poursuites.

S’agissant du problème de la mauvaise gouvernance, Ana Lucía Coronel a noté l’engagement fort du monde politique en faveur d’une réforme en profondeur de la gouvernance. Ce qui, a-t-elle soutenu, « permettra également aux autorités d’exécuter d’autres réformes dont le pays a un besoin urgent, en particulier dans les domaines des marchés de produits et du marché du travail, afin de lutter contre le chômage et les inégalités ».

Martin Kam

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