Alain Mabanckou : Le présent de la jeunesse africaine est cabossé, son avenir est en déliquescence

Les régimes dictatoriaux ne permettent pas aux jeunes africains de s’exprimer, estime l’écrivain franco-congolais

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L'écrivain Alain-Mabanckou.

Dans un entretien accordé à nos confrères de La libre Afrique, Alain Mabanckou a déclaré que le rôle de l’écrivain n’est pas de tourner le dos à la jeunesse africaine.

« Si on va vers eux et qu’on leur montre l’exemple, ils vont le suivre. Ils veulent devenir des écrivains, des gens qui parlent de la liberté. C’est à nous de leur offrir des pistes pour leur avenir. Ils ont besoin de lire les histoires de gens qui réussissent… », a estimé l’écrivain franco-congolais.

Evoquant sa mobilisation sur twitter avec le hashtag #RevolutionBassinDuCongo, il a reconnu que les jeunes africain lui a ouvert les yeux et interpellé, expliquant que « via twitter et Facebook, ils m’écrivaient. Ils m’ont dit qu’il n’était pas normal qu’ils aient un grand frère qui dispose d’une plateforme pour s’exprimer et qui ne dise pas les choses telles qu’elles sont sur la place publique. J’ai suivi le courant, aussi ».

Pour Alain Mabanckou, il est tout à fait justifié qu’il puisse redonner ce qu’on lui a donné. En ce sens, « j’ai eu la chance de grandir à une période où on pouvait aller à l’école, passer ses examens et éventuellement venir en Europe pour poursuivre ses études. Eux, ils n’ont pas cette chance. Donc c’est à moi de sacrifier de mon temps et ma réputation pour venir à leur rescousse », a–t-il expliqué.

C’est ainsi que fut créé le hashtag #RevolutionBassinDuCongo qui « convoque une certaine liberté dans les pays du bassin du Congo : au Gabon, au Congo-Brazzaville, en Centrafrique, en RDC, en Angola, etc. », a poursuivi l’écrivain.

Dans cet entretien, l’écrivain a affirmé également avoir rencontré quelques-uns de ces jeunes lors de ses voyages en Afrique : au Sénégal, en Afrique du Sud, au Zimbabwe, dans le Maghreb et au Congo, quand il avait encore l’autorisation d’y aller…

« J’y ai croisé des lycéens et des collégiens et j’ai pu sentir la température. Ce qui manquait à ces jeunes, c’est une définition de leur présent. Leur présent est cabossé et leur avenir est en déliquescence. La pauvreté est partout. Les régimes dictatoriaux ne leur permettent pas de s’exprimer », a confié l’auteur au site belge.

Enfin, l’écrivain a estimé que « notre rôle n’est pas d’être des écrivains qui soient contents des honneurs et des prix littéraires que le système leur offre et qui tournent le dos à ces jeunes ».

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