Afrique: la Banque mondiale appelle à réduire les disparités de performance entre les femmes et les hommes entrepreneurs

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Source Ph: africa-bi.com

Dans un nouveau rapport publié récemment, la Banque mondiale propose une série de solutions fondées sur des données probantes pour remédier aux profondes disparités de performance et de rentabilité entre l’entrepreneuriat masculin et féminin en Afrique subsaharienne.

Selon le rapport intitulé Profiting from Parity: Unlocking the Potential of Women’s Businesses in Africa (Comment profiter de la parité pour exploiter le potentiel des entreprises dirigées par des femmes en Afrique), les femmes entrepreneures sont systématiquement à la traîne au niveau de plusieurs indicateurs clés de performance des entreprises par rapport à leurs homologues masculins.

Dans un communiqué, l’institution financière internationale note qu’elles réalisent en moyenne des bénéfices 34 % inférieurs à ceux des hommes entrepreneurs et des chiffres d’affaires mensuels 38 % inférieurs.

Pour la BM, « il est crucial pour les économies africaines de combler ces écarts, d’autant que sur ce continent les femmes sont généralement plus nombreuses que les hommes à se lancer dans l’entrepreneuriat, souvent par nécessité, et sont moins nombreuses à être salariées » .

A en croire la Banque mondiale, le fait de « renforcer les capacités des femmes entrepreneures permettrait d’en faire des vecteurs d’opportunités économiques pour répondre aux besoins de la région en matière de création d’emplois de qualité, en particulier au regard des taux de chômage élevés et de l’augmentation du nombre de jeunes », explique-t-elle de même source.

Vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique, Hafez Ghanem estime qu’« en se concentrant sur l’allègement des obstacles spécifiques auxquels sont confrontées les femmes entrepreneures, les États pourront non seulement améliorer l’environnement des affaires, mais aussi optimiser les bénéfices du développement du secteur privé ».

Pour permettre aux femmes entrepreneures de s’accomplir pleinement, elle estime que les décideurs politiques et les autres parties prenantes doivent trouver une réponse à cette question fondamentale :  pourquoi les entreprises dirigées par des femmes sont moins performantes que celles dirigées par des hommes ?

A noter que le nouveau rapport met en lumière de nouveaux éléments pour démontrer l’existence d’obstacles au développement et à la rentabilité de l’entrepreneuriat féminin et souligne les principaux facteurs de réussite des femmes entrepreneures, tout au long de la gestion et du développement de leur entreprise.

En outre, « il appelle les États à cibler les principaux domaines d’action politique susceptibles de favoriser le renforcement des capacités des femmes entrepreneures, notamment la fourniture de capitaux, le renforcement des compétences ainsi que des facteurs contextuels, tels que les normes sociales » , souligne la BM dans son communiqué.

Pour renforcer les capacités des entrepreneures, il recommande également plusieurs domaines de politiques publiques prometteuses: aider les femmes à mettre en place des mécanismes d’épargne, mettre en œuvre des programmes de formation axés sur l’application de leçons tirées de la psychologie, partager des informations pertinentes, et donner accès à des programmes d’apprentissage et des modèles pour encourager les femmes à « franchir le pas »…   

Bref, ce document « fournit aussi une feuille de route aux gouvernements sur les mesures, que j’espère qu’ils prendront, pour renforcer les capacités des femmes et pour guider les sociétés et les économies africaines vers une plus grande prospérité », comme l’a souligné Ceyla Pazarbasioglu, vice-présidente de la Banque mondiale pour la croissance équitable, la finance et les institutions.

Martin Kam

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