​La croissance de l’économie mondiale devrait rester solide en 2018

Les incertitudes politiques et les risques géopolitiques demeurent substantiels

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La croissance de l’économie mondiale devrait progresser de 3,1 % en 2018, avant de ralentir progressivement sur les deux années suivantes, a indiqué la Banque mondiale (BM).
Selon les dernières estimations de l’institution financière, les pays émergents et en développement verront leur croissance s’accélérer sous l’effet de la reprise chez les exportateurs de produits de base.
« L’activité devrait progresser de 2,2% dans les économies avancées cette année, avant de retomber à 2% l’année prochaine, en raison de la suppression progressive des mesures de relance monétaire par les banques centrales », souligne-t-elle dans son rapport trimestriel sur les Perspectives économiques mondiales.
Rendu public mardi 5 juin, le document fait apparaître que la croissance devrait se consolider à 4,5 % en 2018, puis à 4,7 % en 2019, dans l’ensemble des pays émergents et en développement. Il poursuit en ajoutant que « la reprise chez les exportateurs de produits de base atteint sa phase de maturité et que les prix des matières premières se stabilisent après la hausse enregistrée cette année ».
Mais à en croire la Banque mondiale, des risques de détérioration considérables pèseraient sur ces perspectives. L’institution note que le risque d’accroissement non maîtrisé de la volatilité des marchés financiers s’est accru, de même que la vulnérabilité de certains pays émergents et en développement.
Elle rappelle, en outre, les velléités protectionnistes qui ne cessent de gagner du terrain, alors que les incertitudes politiques et les risques géopolitiques demeurent substantiels.
A propos de la demande de matières premières, l’analyse de la Banque mondiale se résume à un constat : « Les auteurs mettent en garde contre les effets, sur le long terme, du tassement de la demande mondiale de produits de base, qui pourrait faire plafonner les cours et, partant, la croissance dans les pays exportateurs ».
Par ailleurs, l’institution a dit s’attendre à un ralentissement de la croissance de la demande de ces pays pour la plupart des produits de base, alors que la hausse de la consommation mondiale de métaux et d’énergie enregistrée ces vingt dernières années a reposé en grande partie sur les grands marchés émergents.
Comme l’explique le directeur principal de la Banque mondiale pour l’économie du développement, Shantayanan Devarajan, «les deux tiers des pays en développement dont les recettes sont tributaires de l’exportation de matières premières pourraient souffrir du recul attendu de la croissance de la consommation de ces produits ».
C’est dire combien « cette perspective rend d’autant plus nécessaire la diversification de leur économie et le renforcement de leurs cadres budgétaires et monétaires », assure-t-il.
Dans le cas où l’économie mondiale parvenait à maintenir son rythme de croissance cette année, le président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, assure que cette évolution « pourrait permettre à des millions de personnes de sortir de la pauvreté, en particulier dans les économies d’Asie du Sud à forte croissance ».
Quand bien même la tendance était maintenue, le patron de la BM prévient que la croissance ne suffira pas à elle seule à faire disparaître les poches d’extrême pauvreté dans d’autres parties du monde.
Ainsi, il estime qu’il va falloir que les décideurs trouvent « les moyens de soutenir la croissance à plus long terme, en faisant progresser la productivité et la participation de la main-d’œuvre, afin de parvenir plus rapidement à éliminer la pauvreté et à favoriser une prospérité partagée. »
A noter qu’après plusieurs années de révisions à la baisse, les prévisions de croissance à long terme se sont stabilisées, apprécie la BM. Ce qui, poursuit-elle, laisse penser que l’économie mondiale voit enfin le bout du tunnel dix ans après le début de la crise financière.
Toutefois, le rapport estime que « ces projections à dix ans s’avèrent généralement trop optimistes et risquent de ne pas tenir compte du fléchissement de la croissance potentielle et des freins structurels à l’activité économique ».
Ainsi, le rapport estime impératif de mettre en œuvre des réformes qui amélioreront les perspectives de croissance à long terme, tout en sachant que « la rapidité des évolutions technologiques rend incontournable le soutien à l’acquisition de compétences, de même que le renforcement de la compétitivité et de l’ouverture des échanges ».
Alain Bouithy

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